Communiqué commun Kim-Trump : une explication de texte à la chinoise

Pierre Vaugeois
Juin 13, 2018

De retour mercredi aux Etats-Unis après son sommet historique avec Kim Jong Un, Donald Trump s'en est pris à ceux qui doutent de la portée de cette rencontre, en assurant qu'une "catastrophe nucléaire" avait été évitée et que la menace nord-coréenne n'existait plus.

"Historique", répète The Washington Post, qui semble ne pas revenir de cette rencontre sans précédent "entre le dirigeant très peu orthodoxe de la nation la plus riche et la plus puissante du monde et le dirigeant brutal de l'un des pays les plus isolés et répressif de la planète": "c'était quasiment inimaginable il y seulement encore quelques semaines, lorsque Trump et Kim s'adressaient des noms d'oiseaux", écrit le journal - qui rappelle aussi l'existence de "divergences profondes" entre les deux dirigeants.

L'arsenal nucléaire nord-coréen, qui a valu à Pyongyang une impressionnante série de sanctions de l'ONU au fil des ans, sera au coeur des discussions.

Les États-Unis et la RPDC uniront leurs efforts pour établir un régime de paix durable et stable dans la péninsule coréenne. Celle-ci s'est conclue en 1953 par un simple armistice et non pas par un traité de paix. "Le monde va assister à un changement majeur". Quand il plaisante sur le physique et le poids, ça ne fait pas du tout rire le leader de la Corée du Nord qui l'exprime physiquement. Tous, à une seule exception, ont jugé "décevant" le résultat du sommet.

"Il faut que nous comprenions la signification exacte et les intentions du président Trump " avec cette annonce de la fin des manoeuvres, a réagi un porte-parole de la présidence sud-coréenne, manifestement surpris par cet engagement annoncé à Singapour.

Même si M. Trump affirme que la dénucléarisation aura lieu aussi vite que "mécaniquement, physiquement" possible, il a refusé de fixer une échéance.

Le président américain s'est dit prêt à se rendre, "le moment venu", à Pyongyang et à inviter Kim Jong Un à la Maison-Blanche.

"Nous avons commencé à parler de la nécessité de dénucléariser le pays, et il l'a compris, il ne s'est pas opposé à cela", a-t-il déclaré dans une interview accordée à Fox News.

Arrivé au pouvoir sans la moindre expérience diplomatique, Donald Trump a pris de grands risques en faisant le pari, il y a trois mois, d'un sommet avec Kim Jong Un avec lequel il a échangé menaces et insultes pendant des mois.

C'est plus fort que lui, Donald Trump ne peut pas s'empêcher de se faire remarquer.

Du côté de la Corée du nord, Kim Jong-Un reste tout aussi optimiste: Ce sommet ouvre une nouvelle ère a-t-il signalé.

La réalité pourrait bientôt faire retomber l'euphorie suscitée même si le sommet doit être replacé dans une perspective à plus long terme.

De plus, souligne Bruce Bennett, du centre de recherche Rand Corporation, "les réactions de la Corée du Sud jusqu'ici suggèrent que (Séoul) n'a pas donné son accord à tout ceci". Elle menait en septembre le sixième et plus puissant de ses essais nucléaires. KCNA assure également que Donald Trump a évoqué "une levée des sanctions" contre le régime de Pyongyang. La péninsule redoutait une nouvelle guerre.

Toutefois, les deux chefs d'Etat étaient très attendus par la communauté internationale notamment sur les questions nucléaires opposant les deux parties avec une éventuelle dénucléarisation envisagée de la Corée du Nord au sortir d'une discussion entre les deux dirigeants pendant deux heures en privé, accompagnés seulement de leurs traducteurs.

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