Crise de la dette: l'odyssée grecque touche à sa fin

Xavier Trudeau
Juin 25, 2018

Selon plusieurs sources s'étant confiées à Reuters, les discussions (qui ont duré plus de six heures) se sont prolongées car l'Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre l'allègement de la dette la Grèce, pourtant jugé nécessaire par ses créanciers pour assurer sa crédibilité sur les marchés financiers. Le pays restera sous surveillance de ses créanciers.

LUXEMBOURG, 22 juin (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus vendredi à un accord d'allégement de la dette grecque pour faciliter le retour de la Grèce sur les marchés financiers au moment où elle sortira de son régime de tutelle le 20 août prochain. "Je pense que le peuple grec peut sourire, peut respirer à nouveau".

"La crise grecque s'achève ici, cette nuit".

"Ce qui va arriver est une surveillance serrée qu'aucun autre pays n'a expérimentée", relevait le journal Ta Nea, proche de l'opposition conservatrice qui fait du maintien de cette surveillance un argument de dénigrement du gouvernement. "Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets", a-t-il ajouté.

L'Eurogroupe a accepté d'allonger de dix ans les échéances de remboursement d'une grande partie de la dette grecque, avec un début de remboursement en 2032 au lieu de 2022 jusqu'à présent.

L'institution basée à Washington a participé financièrement aux deux premiers programmes grecs, mais se contente pour l'instant d'un rôle d'observateur dans le troisième, car elle estime que la dette d'Athènes n'est pas soutenable sur le long terme. Sur cette somme, 5,5 milliards sont destinés au service de la dette et 9,5 milliards seront déboursés sur un compte spécial créé pour constituer des réserves de liquidités, à utiliser pour le service de la dette en cas de besoin.

L'Allemagne, notamment, a fait pression pour soit menées jusqu'au bout les 88 dernières réformes promises.

Athènes sera alors sous le coup d'une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l'Irlande. Les Européens ont également prévu de faire le point sur la dette grecque en 2032 et d'accorder, si nécessaire, de nouvelles mesures d'allègement.

En huit ans, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d'euros d'assistance de la part de ses créanciers, zone euro et Fonds monétaire international (FMI), au cours de trois programmes d'aide.

La Grèce maintiendra un excédent primaire de 3,5% de son produit intérieur brut (PIB) jusqu'en 2022 et s'en tiendra ensuite aux règles budgétaires de l'UE, ce qui représenterait un excédent primaire de 2,2% du PIB en moyenne entre 2023 et 2060, selon les estimations de la Commission européenne. Il y en a eu des centaines, pour assainir les finances publiques de la Grèce. Dans le même temps, la Grèce affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8%, après avoir enregistré un déficit de 15,1% en 2009.

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