Des réponses non adaptées — Décès de Naomi

Claudine Rigal
Juin 20, 2018

"La procédure de régulation" des services de secours de Strasbourg, dans l'est de la France, n'était "pas conforme", selon une enquête menée à la suite du décès fin décembre de la Française d'origine congolaise Naomi Musenga, a-t-on appris mercredi de source officielle.

L'Inspection générale des affaires sociales relève dans un rapport publié mercredi les réponses "non adaptées" du Samu de Strasbourg lors de l'appel de Naomi Musenga, décédée fin décembre. Au final, pour le rapport de l'Igas, le non-respect de la procédure, à deux reprises a conduit à un retard de prise en charge adaptée qui atteint 2h19.

"Le ton employé (.) et les propos tenus sont particulièrement choquants" d'autant qu'ils s'adressent "à une personne qui exprime une grande souffrance, allant même jusqu'à évoquer sa mort prochaine", insiste l'inspection. Quelques heures avant son transport à l'hôpital, elle avait appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre. Elle ajoute avoir engagé une procédure disciplinaire à l'encontre de l'assistante de régulation médicale qui a réceptionné l'appel.

En mai dernier, la mort de cette jeune mère de famille le 29 décembre 2017 après qu'elle a été moquée par le Samu avait suscité l'indignation.

"Alors que tout appel à caractère médical devrait être 'régulé' par un médecin, la procédure en vigueur au Samu de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d'appels", notamment dans les cas ou l'ARM jugeait qu'il n'y avait pas d'urgence vitale "avérée ou potentielle ou de besoin de réponse médicale immédiate", observent les inspecteurs de l'Igas dans ce rapport. "De manière similaire au premier appel", la même assistante de régulation conseille d'appeler SOS médecins et ne recherche pas " les informations qui auraient permis de préciser l'état clinique de la patiente", bien que le ton soit plus approprié.

Mais l'assistante de régulation du Samu n'est pas la seule à être épinglée.

Dans un communiqué commun, quatre syndicats d'urgentistes ont constaté que les nombreuses recommandations de l'Igas "sont en parfait accord" avec les leurs. "Plus jamais ça", avait lancé sa mère devant la foule.

La ministre a également demandé aux urgentistes de lui faire des propositions d'ici le 1er juillet pour "améliorer les pratiques" dans trois domaines: la formation des assistants de régulation, la refonte et l'harmonisation des procédures du Samu au niveau national et l'instauration d'une "démarche qualité".

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