Deux médecins se battent dans le bloc opératoire — Calvados

Evrard Martin
Juin 1, 2018

En juillet 2017, dans une polyclinique de Lisieux (calvados), un anesthésiste et un urologue en sont venus aux mains en pleine opération, rapporte France Bleu Normandie.

Respectivement urologue et anesthésiste, les deux hommes ont comparu samedi devant la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins, à Caen. Il vient d'apprendre qu'une autre intervention doit avoir lieu un peu plus tard. A l'origine de la discorde, une intervention programmée par un urologue après 16 heures - et ce alors que la charte de l'établissement ne le permet pas. Il s'en prend violemment à l'urologue qui opère au bloc, à qui il reproche cette intervention, qui n'est pas un cas d'urgence selon lui. Comme le raconte Le Parisien, l'anesthésiste arrive furieux au bloc alors qu'une opération est en cours. Ensuite, la situation dégénère complètement. Pour répliquer, l'anesthésiste saisit des ciseaux posés sur un plateau médical, mais il est rapidement neutralisé par un infirmer. Le médecin a heureusement été "ceinturé " par un infirmier qui l'a entraîné vers la sortie.

Le ton monte alors et les deux se balancent des bouteilles de bétadine, et même une paire de ciseaux. L'explication (musclée) reprendra un peu plus tard entre les deux hommes dans les vestiaires puis à l'extérieur, le chirurgien utilisant même une mallette pour frapper l'anesthésiste. Bilan: une fracture de l'os orbital et un mois d'arrêt.

Les deux médecins, qui se sont battus au bloc opératoire au-dessus d'une patiente endormie, risquent la radiation. Pour l'anesthésiste, qui a démissionné depuis les faits, la situation était "prévisible".

Lors de leur comparution devant la chambre disciplinaire du Conseil de l'ordre des médecins, les deux hommes se sont rejetés la faute et ont mis en cause les problèmes d'organisation à la clinique, notamment le manque de personnel. Toutefois, le président de la chambre disciplinaire, dont la décision a été mise en délibéré, a déclaré qu'ils auraient dû "garder leur sang-froid, surtout au bloc". Les deux belligérants devraient être fixés, sur leur sort, dans un mois.

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