Drama Donald, nouvel épisode : d'un tweet, Trump saborde le G7

Claudine Rigal
Juin 12, 2018

Avant d'ajouter: "Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements".

Le sommet économique se tenait dans un contexte rendu sensible par les taxes sur l'acier et l'aluminium décidées par Donald Trump à l'encontre de ses partenaires. L'augmentation des taxes inquiétait particulièrement les Allemands dont les exportations du secteur automobile dépendent à 40 % du marché américain. Dimanche matin, l'Elysée a déploré le comportement du président américain: "La coopération internationale ne peut dépendre des colères et des petits mots".

Si le président des États-Unis a finalement retiré le sceau de son pays du "contrat", c'est à cause des propos de Justin Trudeau justifie-t-il. Le premier ministre du Canada, pays frappé comme l'Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douanes américains sur l'acier et l'aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient "insultantes", au regard de l'histoire entre les deux pays. "Ces tarifs illégitimes doivent recevoir une réponse tarifaire équivalente", a-t-il déclaré au cours de sa conférence de presse finale, précisant que ces représailles seraient mises en œuvre " fermement et sans équivoque ".

Pour Justin Trudeau, ces soutiens arrivent à point, lui dont l'aura avait pâli auprès d'une partie de l'électorat et dont le parti est talonné par les conservateurs dans les sondages à un peu plus d'un an des législatives canadiennes.

Emmanuel Macron et Donald Trump nous ont rejoué la scène de la poignée de main, toujours aussi musclée à en juger par les photos montrant la main de l'Américain marquée par l'empreinte du pouce du Français.

Pour Laurence Nardon, dans cette nouvelle phase "d'opposition ferme" qui s'ouvre avec Washington, il va s'agir avant tout pour les pays de l'Union européenne "de montrer un front commun afin de tenir tête aux exigences des Etats-Unis".

L'attitude du président américain n'a pas tardé à provoquer des réactions ulcérées de la France et de l'Allemagne.

C'est l'un des sujets qui fâchent entre Donald Trump et ses homologues européens.

"Il y a eu une forme d'excès d'optimisme de la part d'Emmanuel Macron mais également des autres chefs d'Etat qui avaient tellement envie qu'il y ait accord et que le G7 continue avec les Etats-Unis", dit-il. Le président russe Vladimir Poutine a ironisé sur le "babillage inventif" du club des 7 dont sa nation a été exclue en 2014. La Russie, l'Inde, le Pakistan et l'Iran étaient réunis autour du président Xi Jinping pour la réunion L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Pourquoi alors ce revirement tardif de Donald Trump, depuis Air Force One qui l'emmenait à Singapour pour son sommet avec Kim Jong-Un?

Un conseiller de M. Trump a même osé promettre "une place en enfer" au jeune dirigeant canadien. Les enjeux sont tout aussi uniques: normaliser les rapports entre les deux nations après des décennies de défiance et faire redescendre la pression nucléaire que fait peser Pyongyang.

Les commentateurs établissent un parallèle avec les tensions opposant le Premier ministre Pierre-Eliott Trudeau au président américain Richard Nixon qui l'avait qualifié en 1972, en privé, d'"intello pompeux" et de "fils de pute intelligent" pour être devenu le premier dirigeant occidental à reconnaître le régime communiste chinois.

"Sur sa page Facebook, l'élu démocrate a indiqué trouver " très étrange " que " le président Trump " se sente plus à l'aise avec " des dictateurs et des dirigeants autoritaires", qu'avec les dirigeants de plus grandes démocraties.

Washington réclame une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL