Erdogan en tête à l'élection présidentielle après 40% des bulletins dépouillés — Turquie

Claudine Rigal
Juin 24, 2018

Pour les législatives, l'alliance du peuple formée par l'AKP et le parti d'action nationaliste (MHP), obtiennent plus de 54 pc des voix, dont 43 pc pour l'AKP, soit 344 sièges sur les 600 qui composeront le futur parlement tandis que l'alliance de l'opposition recueille 33 pc des suffrages, soit 199 sièges.

Le président sortant, Recep Tayyip Erdogan et son Parti de la Justice et du Développement (AKP) ont remporté les élections présidentielle et législative de ce dimanche en Turquie, devançant nettement leurs rivaux, selon les résultats quasi-définitifs donnés par les médias publics turcs. Les législatives ne se déroulent que sur un tour.

Quelque 59 millions d'électeurs étaient appelés à voter pour ce double scrutin présidentiel et législatif qui marquera le passage du système parlementaire en vigueur à un régime hyper-présidentiel voulu par M. Erdogan, mais décrié par ses opposants.

Après les déclarations de M. Erdogan, des concerts d'avertisseurs résonnaient dans les rues d'Istanbul, selon des reporters de l'AFP.

Mais ces derniers ont réussi à créer un élan lorsque Muharrem Ince a été désigné en mai candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate et laïque). Si aucun candidat ne parvient à récolter plus de 50% des voix pour la présidentielle, un second tour se tiendra le 8 juillet.

Le président turc avait convoqué en avril ces élections présidentielle et législatives anticipées initialement prévues en novembre 2019. L'économie, qui a longtemps été l'atout de l'AKP, s'est imposée comme un sujet de préoccupation majeure avec l'effondrement de la livre turque et une inflation à deux chiffres qui ont atteint les Turcs au portefeuille.

Pendant la campagne, Recep Tayyip Erdogan a semblé sur la défensive, promettant par exemple de lever rapidement l'état d'urgence ou encore d'accélérer le retour dans leur pays des réfugiés syriens, mais uniquement après que son rival eut promis la même chose.

Pour M. Erdogan, cette réforme qui supprime notamment la fonction de Premier ministre et permet au président de gouverner par décrets, est nécessaire afin de doter le pays d'un exécutif fort et stable. La campagne a en effet été marquée par une couverture médiatique très inéquitable en faveur du président turc.

Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, a été contraint de faire campagne depuis une cellule: accusé d'activités "terroristes", il est en détention préventive depuis 2016.

L'un des facteurs déterminants de ce double scrutin sera précisément le vote de l'électorat kurde.

Si le HDP franchit le seuil de 10% des voix lui permettant d'entrer à l'Assemblée, l'AKP pourrait perdre sa majorité parlementaire. Craignant des fraudes qui pourraient faire pencher la balance, en particulier dans le Sud-Est à majorité kurde, l'opposition a mobilisé de nombreux observateurs pour surveiller les urnes. "Je protégerai vos bulletins de vote avec ma vie", a-t-il tweeté.

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