Espagne: le socialiste Pedro Sánchez en passe de remplacer Mariano Rajoy

Claudine Rigal
Juin 1, 2018

Le sort de Rajoy devrait donc être suspendu à la décision des cinq députés du Parti nationaliste basque (PNV) qui pourrait se ranger aux côtés du PSOE avec qui il gouverne le Pays basque.

"Ce fut un honneur de quitter l'Espagne mieux que ce que j'ai trouvé", dit Mariano Rajoy, cité par El Pais (en espagnol).

Sauf rebondissement de dernière minute, c'est aujourd'hui que les députés espagnols vont le pousser vers la sortie en approuvant la motion de censure. Seule certitude: tous les alliés de Pedro Sanchez ont en commun leur refus d'élections immédiates, réclamées par le parti libéral Ciudadanos (32 députés), en tête dans les sondages.

Le socialiste Pedro Sanchez est en passe d'accéder au pouvoir en Espagne après avoir convaincu une majorité hétéroclite de renverser vendredi Mariano Rajoy, au pouvoir depuis six ans mais affaibli par la condamnation de son parti pour corruption.

Mais la sentence jeudi dernier du méga-procès pour corruption "Gürtel" aura été l'affaire de trop pour M. Rajoy et le Parti Populaire (PP), empêtré dans plusieurs scandales.

Une page de l'histoire politique espagnole se tourne. Et les socialistes ont réussi le coup de poker de s'assurer le soutien de 6 partis au parlement, un total de 180 voix.

"Votre isolement, Monsieur Rajoy, constitue l'épitaphe d'une période politique, la vôtre, qui est déjà finie", a déclaré Pedro Sanchez, ancien professeur d'économie surnommé le "beau mec", qui compte ainsi prendre sa revanche.

"M. Sanchez veut être chef du gouvernement à n'importe quel prix" mais va "rentrer à la Moncloa (siège de la présidence du gouvernement) par la porte de derrière", a raillé Rafael Hernando, patron des députés du Parti Populaire (PP) de M. Rajoy. Il s'est engagé à ne pas toucher au budget, et à ouvrir le dialogue avec les indépendantistes catalans. Mais la grande question qui se pose est de savoir combien de temps Pedro Sanchez, qui a promis d'appeler à des élections anticipées, pourra gouverner avec une majorité qui s'annonce instable.

Il devait devenir vendredi le premier chef de gouvernement renversé par une motion de censure en Espagne depuis le retour à la démocratie. Les trois précédentes (1980, 1987, et 2017 déjà contre lui) ont échoué. Entre les années 1990 et le début des années 2010, le PP a organisé une caisse noire, alimentée par des surfacturations d'événements politiques et des pots-de-vin en liquide lors de l'attribution de marchés publics.

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