G7. Après le sommet, la volte-face de Donald Trump

Xavier Trudeau
Juin 10, 2018

Quelques heures plus tard, piqué au vif par ces paroles, le milliardaire a tweeté, depuis Air Force One, qu'il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final. Les quatre Européens, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte, ont décidé de se réunir juste avant le début du sommet, afin de souder leur alliance face à Donald Trump.

D'autres manifestants sont plutôt originaires de l'Ukraine. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, hôte du sommet, a commencé sans lui, s'offrant au passage une remarque ironique sur les "retardataires".

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis sont furieux depuis la décision la semaine dernière par Donald Trump d'imposer des droits de douane sur les importations américaines d'acier et d'aluminium en provenance du Canada, de l'Union européenne et du Mexique.

Fidèle à son habitude provocatrice, à ses tweets rageurs et après avoir attaqué le Canada dans un tweet matinal, il avait annoncé la couleur face à l'UE.

Avec sa sortie sur Twitter et son refus apparent de signer le communiqué final du sommet, Donald Trump vient contredire le satisfecit de Justin Trudeau, qui avait affirmé à peine quelques minutes plus tôt que le sommet avait été un "succès", et que les sept nations s'étaient mises d'accord sur de nombreux sujets économiques et diplomatiques.

Elle y est interprétée comme un symbole des tensions opposant les États-Unis à la France en particulier, et plus généralement aux autres pays du G7 (Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Japon), sur le commerce, l'Iran, l'environnement ou la Russie. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA). Dans la foulée, il a renouvelé ses menaces de mettre en place des taxes sur le secteur de l'automobile.

Un commentaire en complet décalage avec le compte rendu d'une source au sein de la délégation française qui a qualifié d'"extraordinaire" et "inhabituelle" la discussion que les chefs d'Etat ou de gouvernement ont eue vendredi sur la question des droits de douane.

Le commerce est évidemment le principal point litigieux lors de cette première réunion du G7, après l'entrée en vigueur de taxes américaines sur l'acier et l'aluminium importés. Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%.

Sujet d'inquiétude à l'ouverture du sommet, le "communiqué commun" a été signé par tous les membres du G7, y compris les États-Unis. Selon Angela Merkel et Emmanuel Macron, la nouvelle "charte", qui n'avait pas encore été publiée par les organisateurs canadiens du sommet samedi soir, prévoit de passer au recyclage de 100% des plastiques à l'horizon 2030, et à développer autant que possible les alternatives aux emballages plastiques. Avec sa rhétorique "America First", le président américain a fait du rééquilibrage des échanges extérieurs des Etats-Unis une priorité pour l'emploi.

Mais la Russie n'a pas l'intention de réintégrer un G8, étant satisfaite de travailler avec le format du G20, a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Au-delà de la proposition provocante de Donald Trump de réintégrer la Russie dans le G7, et de la guerre commerciale annoncée, les thèmes chers affichés par Justin Trudeau et que le "couple" Trudeau-Macron entend défendre, tels le climat ou les droits des femmes, n'intéressent guère la Maison-Blanche, note le journal.

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