G7 : les États-Unis accusent le Canada de "trahison"

Claudine Rigal
Juin 12, 2018

Une partie du texte était consacrée au commerce.

Dans la soirée de samedi, les diplomates étaient parvenus à dresser un accord commun autour des droits de douane entre les Etats-Unis et ses six partenaires commerciaux. Ça ne peut pas continuer comme ça.

Le président américain, qui s'adressait aux journalistes en conférence de presse à la sortie d'une première rencontre historique avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, est revenu à la charge sur la question du déficit commercial de son pays avec ses partenaires commerciaux.

C'est encore une fois sur Twitter que le président américain a sévi.

Sur le commerce, les négociations portent sur une formule qui appellerait à la modernisation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), régulièrement objet des foudres de Donald Trump. Quelques heures après la clôture du sommet de G7, le Président Trump connu pour ses attaques à travers les réseaux sociaux a retiré son soutien au communiqué final à cause des déclarations qu'il juge "fausses" du chef du gouvernement canadien et menacé d'augmenter les taxes sur les automobiles importées aux États-Unis. "Ces tarifs illégitimes doivent recevoir une réponse tarifaire équivalente", a-t-il déclaré au cours de sa conférence de presse finale, précisant que ces représailles seraient mises en œuvre " fermement et sans équivoque ".

Québec, samedi 9 juin 2018 ((rezonodwes.com))-Sauf probablement en Haïti où ces derniers temps, semble-t-il, le pouvoir exécutif prendrait plaisir à annoncer la signature d' accords internationaux sans l'aval du parlement n'assurant presque plus son pouvoir de contrôle. Et il a tweeté plus tard: "Les États-Unis ne laisseront pas les autres pays imposer des tarifs massifs et des barrières tarifaires contre leurs agriculteurs, leurs travailleurs et leurs entreprises".

"L'important c'est que les Américains réalisent que les économies et les industries (canadiennes et américaines) sont intégrées" et que de nouvelles taxes douanières auraient des conséquences négatives de part et d'autre de la frontière, a poursuivi ce haut responsable.

Le tweet de Donald Trump rend de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le "Groupe des sept" (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) avait tenté de sauver la face.

Le président russe Vladimir Poutine a ironisé dimanche sur le "babillage inventif" des pays du G7, les appelant à "une vraie coopération"."Je pense qu'il faut arrêter ce babillage inventif et se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération", a-t-il lors d'une visite en Chine. Washington a plaidé pour une réintégration de la Russie au sommet, dont elle est exclue depuis l'annexion de la Crimée en 2014.

"Je n'ai jamais entendu pareil langage, encore moins de la part de subordonnés du président et dirigé contre le premier ministre de leur plus grand ami et allié", a commenté Brian Mulroney. Il est clair que depuis le début, Donald Trump - qui se définit comme un protectionniste pur et dur - ne voulait pas d'un tel compromis. Il considère de toute façon que le G20, forum élargi aux pays émergents, est "le format le plus prometteur".

Les dirigeants du G7 avaient quitté La Malbaie lorsque Donald Trump a décidé de déchirer l'accord final du sommet.

Le président américain est arrivé le dernier et reparti le premier du cossu hôtel surplombant le Saint-Laurent, où les chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis pendant deux jours. Il est par exemple arrivé en retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l'égalité entre les sexes.

La main de Donald Trump portait l'empreinte de celle d'Emmanuel Macron après une poignée de main vigoureuse.

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