G7 : Un communiqué commun signé dans la divergence

Xavier Trudeau
Juin 10, 2018

"Le premier ministre Justin Trudeau du Canada a été si docile et si doux pendant nos rencontres au G7, tout ça pour ensuite donner une conférence de presse après mon départ en disant que " les tarifs américains sont un peu insultants " et qu'il ne se " laisserait pas bousculer ", a persiflé le locataire de la Maison-Blanche.

Trump, qui a provoqué la colère de ses partenaires en imposant au début du mois des droits de douane sur les importations américaines d'acier et d'aluminium en provenance du Canada, de l'Union européenne et du Mexique, a ajouté avoir dit aux autres dirigeants que toutes les barrières commerciales pouvaient être éliminées.

Quel que soit le document dont accouchera ce G7, le sommet a illustré une nouvelle fois la volonté de Donald Trump de dicter son ordre du jour, quitte à dynamiter les usages et le rythme d'un ordre mondial multilatéral - représenté à La Malbaie par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et par la patronne du FMI Christine Lagarde.

Cela prendrait concrètement la forme d'un texte signé à sept mains pour certaines parties consensuelles, et réservant certains paragraphes séparés à l'opinion dissidente des Etats-Unis sur les points les plus sensibles: le commerce, mais aussi les accords sur l'Iran et le climat, dont Donald Trump a claqué la porte.

A Paris, l'attitude de Donald Trump a du mal à passer.

Il s'en est pris au Premier ministre canadien Justin Trudeau et a laissé entendre que les Etats-Unis pourraient imposer des droits de douane sur les voitures importées.

Lors de la rencontre, des responsables du G7 avaient déclaré à Reuters: "C'est hautement improbable qu'il y ait un communiqué final".

"Quant à la réaction de Donald Trump, qui avait également traité Justin Trudeau de personne " malhonnête et faible", elle est destinée à ne pas " montrer de faiblesse " avant son sommet avec Kim Jong-un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord". Le visage fermé, parfois traversé d'un sourire crispé, des poignées de mains de-ci, de-là, des tapes sur l'épaule de l'un et de l'autre, des têtes à têtes avec l'un et avec l'autre, ou une entrée tardive remarquée dans un déjeuner de travail déjà bien amorcée: oui, Donald Trump est venu au G7, il est arrivé le dernier et en est reparti le premier.

Le sénateur républicain John McCain a désavoué, dans un tweet, le président américain Donald Trump après que celui-ci a retiré son soutien au communiqué final du G7.

Le président Donald Trump a infligé une retentissante gifle diplomatique à Justin Trudeau et au G7. "Nous nous engageons, et nous tenons", a fait savoir la présidence française. "Soyons sérieux et dignes de nos peuples", a indiqué l'Elysée. Et les deux jours de réunion promettent des étincelles. De quoi inquiéter l'Europe et notamment l'Allemagne, car les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures. "Nous sommes la tirelire que le monde entier pille". "S'il est cohérent avec ses déclarations bilatérales et ce qu'il a signé, il n'y aura plus de mesure unilatérale négative", avait-il répondu.

Comme lors de précédents grands sommets, Washington a par ailleurs fait bande à part sur le climat, ne s'associant pas à un passage qui redit le soutien des 6 à l'accord de Paris.

" Nous devons rejeter la mentalité de guerre froide et de confrontation entre les blocs, et nous opposer à la recherche effrénée de sécurité pour soi-même aux dépens des autres, afin d'obtenir la sécurité pour tous", a affirmé Xi Jinping, sans jamais citer nommément les États-Unis.

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