Google dit non aux armes mais pas à l'armée — Intelligence artificielle

Xavier Trudeau
Juin 8, 2018

Google s'est engagé à ne pas utiliser sa puissante intelligence artificielle pour des armes, de la surveillance illégale ou des technologies causant " un préjudice global ".

Cette série de principes éthiques est annoncée alors que Google a fait face depuis plusieurs semaines à une fronde de milliers d'employés, demandant à la direction d'abandonner le " projet Maven ".

Sous la pression, le groupe a finalement décidé vendredi dernier de ne pas renouveler ce contrat avec le ministère de la Défense lors de son arrivée à échéance en 2019, selon la presse américaine. Après de nombreuses critiques en interne et une pétition "exigeant une 'politique claire affirmant que ni Google ni ses partenaires ne fabriqueront jamais des technologies de guerre'", comme l'explique le journal, Google avait annoncé la fin de ce partenariat.

Pour les organisations Electronic Frontier Foundation (EFF) ou le Comité international pour le contrôle des armes-robots (ICRAC), qui ont soutenu les pétitionnaires, l'apport de l'intelligence artificielle ouvre la voie à terme à la suppression de toute intervention humaine dans les missions des drones, posant selon elles un problème éthique majeur.

L'armée américaine, comme d'autres pays, utilise des drones (commandés à distance par des humains) pour des missions de reconnaissance, de renseignement ou procéder à des bombardements, en Afghanistan par exemple.

Des voix, comme celle du médiatique patron de Tesla et SpaceX Elon Musk ou encore l'ONU, mettent en garde régulièrement contre les usages abusifs de l'intelligence artificielle, craignant notamment l'avènement d'armes autonomes, ou "robots-tueurs".

Dans un tweet, l'EFF a salué la décision de Google, évoquant "une grande victoire pour les principes d'une IA éthique". Ainsi, dans sa déclaration, Sundar Pichai exclut de collaborer à des systèmes de surveillance, mais seulement s'ils enfreignent les normes communément acceptées par la communauté internationale.

Toutefois, dans sa note, Sundar Pichai précise que Google continuera à travailler " avec les gouvernements et les militaires dans de nombreux autres domaines", tels que " la cybersécurité, la formation, le recrutement militaire, les soins de santé des anciens combattants, la recherche et le sauvetage ".

Si Google s'engage à ne pas développer l'IA pour l'utilisation d'armes, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de collaboration avec l'armée et des gouvernements.

Les géants technologiques comme Google, Microsoft ou Amazon sont en effet sur les rangs pour remporter un énorme contrat avec le Pentagone, qui souhaite recourir au " cloud " informatique.

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