Kim cherche le soutien de Xi — Corée du Nord

Xavier Trudeau
Juin 21, 2018

"Nous espérons que la Corée du Nord et les États-Unis concrétisent les résultats du sommet (de Singapour)", a déclaré Xi Jinping, cité par CCTV. En effet, lundi, Donald Trump brandissait de nouvelles menaces à l'encontre de Pékin, assurant se tenir prêt à mettre en place de nouvelles sanctions sur les produits chinois importés.

De hauts responsables nord-coréens se sont également rendus en Chine récemment afin de se renseigner sur ses réformes économiques.

"Ces pratiques de pression extrême et de chantage s'écartent du consensus auquel les deux parties sont parvenues à maintes reprises durant leurs consultations" ces dernières semaines, a dénoncé le ministère chinois du Commerce mardi. Un premier accord entre Washington et Pyongyang a permis le rapatriement de 229 lots de dépouilles entre 1990 et 2005.

Une menace à laquelle le géant asiatique est resté sourd puisqu'il a annoncé dans la foulée des mesures américaines qu'il imposerait des taxes à l'identique sur des marchandises américaines.

Fin mars, Kim Jong Un avait ainsi effectué à Pékin son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, avant un deuxième voyage en mai dans la ville portuaire de Dalian (nord-est de la Chine). "Mais il est clair que la Chine est le seul gouvernement à soutenir le gouvernement de la Corée du Nord".

"Il a exprimé sa détermination et sa volonté de développer davantage les relations étroites d'amitié, d'unité et de coopération", selon KCNA. "La dénucléarisation complète de la péninsule et l'instauration d'un mécanisme de paix pour la péninsule sont conformes aux revendications constantes de Pékin". L'Il-76 aurait été le même que celui utilisé lors de la visite de M. Kim à Singapour pour sa rencontre avec Donald Trump, selon le site Flightradar24. Mais, ne pouvant ignorer les tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires de 2017, Pékin a choisi de soutenir les sanctions de l'ONU, mettant le holà aux exportations nord-coréennes de charbon, textile et autres marchandises.

Shin Bum-cheol, un chercheur de l'Asan Institute for Policy Studies, un centre de réflexion basé à Séoul, estime que les deux dirigeants ont certainement trouvé un "terrain d'entente" après le sommet de Singapour.

Peter Navarro, réputé pour son intransigeance envers Pékin, a repris des propos martelés depuis des mois par le président américain: les États-Unis ne sauraient tolérer plus longtemps des pratiques commerciales jugées "déloyales" et ils doivent défendre "les joyaux de la technologie et de la propriété intellectuelle américaines".

"Pour le Nord, [cette visite] sert aussi à montrer au monde, et tout particulièrement aux Américains, que Pékin pourra compter sur le soutien de Pyongyang si jamais les relations entre le Nord et les États-Unis se dégradent", a-t-il souligné. Il s'était à cette occasion entretenu avec Xi Jinping.

L'effondrement du bloc soviétique au début des années 1990 a jusqu'ici dissuadé Pyongyang d'ouvrir son économie, même si le régime tolère désormais les entrepreneurs privés.

Un programme qui laisse penser que la Corée du Nord pourrait s'inspirer des réussites scientifiques et économiques de son voisin chinois.

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