La dépendance aux jeux vidéo reconnue comme maladie par l'OMS

Evrard Martin
Juin 19, 2018

En décembre dernier nous vous parlions du fait que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) allait étudier la question de l'addiction aux jeux vidéo pour la considérer comme une maladie. En janvier, l'OMS avait publié un brouillon dans lequel elle définissait pour la première fois ce trouble comme "l'utilisation persistante ou récurrente de jeux vidéo, à la fois en ligne (sur Internet) ou hors ligne". Une reconnaissance qui permettra de mieux mesurer le nombre de personnes touchées et d'y apporter les solutions adéquates.

Le "trouble du jeu vidéo" vient d'intégrer le chapitre sur les troubles de l'addiction de la 11e version de la Classification internationale des maladies (CIM, en anglais ICD), dont la dernière version date de 1990. "Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté, a déclaré à l'AFP Shekhar Saxena. Le diagnostic de ce comportement extrême est établi lorsque les conséquences sur les "activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles" se manifestent clairement sur une période d'au moins 12 mois". Mais le trouble ne touche qu'une "petite minorité, a rappelé le directeur du département de la Santé mentale et des toxicomanies de l'OMS, Shekhar Saxena". Au point que certaines personnes atteintes de cette pathologie vont délaisser peu à peu des activités telles que le sommeil ou les repas. Ces joueurs compulsifs sont alors incapables de se détacher de leur écran au point de risquer pour mettre leur santé en jeu. Il n'existe qu'une minorité de joueurs compulsifs sur les 2,5 milliards de joueurs à travers le monde et l'organisation souligne également que le simple fait de jouer aux jeux vidéo n'est en aucun cas pathologique.

La face sombre de cette popularité a été l'apparition de dépendances.

La communauté scientifique est divisée sur l'existence ou non de ce "trouble du jeu vidéo". "Sachant l'importance de la nomenclature des diagnostics et son incidence plus large sur la société, nous exhortons nos collègues de l'OMS à se ranger à la prudence pour le moment et à retarder la formalisation", écrivaient-ils.

La CIM, une liste de quelque 55.000 types de blessures, maladies, affections ou causes de mort, est largement utilisée comme référence par la communauté médicale et les assureurs.

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