Le Canada accusé de "trahison" après le G7

Claudine Rigal
Juin 12, 2018

Que pesaient de toute façon ces quelques lignes difficilement négociées face à un Donald Trump prêt à toutes les confrontations pour réduire le déficit des échanges américains?

De quoi provoquer une nouvelle colère de Donald Trump: "En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américaines, j'ai demandé à nos représentants de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain". La sympathie va aller à Justin Trudeau, au Canada comme à l'étranger.

Le Premier ministre canadien avait répété que les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sur l'acier et l'aluminium étaient "insultants", au regard de l'histoire entre les deux pays.

"Le président des États-Unis n'allait pas se laisser malmener par un premier ministre canadien à la veille " de cette rencontre "historique", a martelé M. Kudlow.

Trudeau "n'a rien dit qu'il n'ait pas déjà déclaré auparavant - que ce soit en public ou lors de discussions privées avec le président (Trump)", a réagi le gouvernement canadien dans un communiqué en réponse au tweet de Donald Trump. Pire encore, il accuse le responsable canadien d'avoir "poignardés dans le dos" les Etats-Unis.

Doug Ford, qui a souvent louangé Donald Trump, a dit dimanche qu'il se tenait au coude-à-coude avec le premier ministre fédéral si des emplois sont en jeu dans sa province.

D'un océan à l'autre, les politiciens de tous les horizons dénoncent les attaques personnelles lancées par la Maison-Blanche contre le premier ministre Justin Trudeau.

"Arrêtons de provoquer les États-Unis, arrêtons de prendre des balles pour le Mexique, amorçons des négociations bilatérales et cessons de discuter avec l'Iran", a-t-il déclaré sur son compte Twitter. Au cours d'une prise de parole, la présidence a dénoncé l'"incohérence" et l'"inconsistance" de son homologue américain après que celui-ci ait fait volte-face sur la déclaration finale de cette réunion. "Je pense qu'il faut arrêter ce babillage inventif et se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération", a appuyé Vladimir Poutine.

Un député néo-démocrate, Charlie Angus, a qualifié le comportement de Donald Trump de " lamentable ". Donald Trump vise en particulier les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE qui s'élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s'élèvent qu'à 2,5%. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu'à présent frappés. Il a également confirmé que les droits de douane décidés par l'Union européenne à l'encontre des États-Unis s'appliqueraient à partir de juillet.

Des tarifs douaniers sur les importations de voitures et de pièces détachées pourraient affecter notamment l'industrie automobile allemande notamment et avoir des conséquences dévastatrices sur l'industrie automobile canadienne.

Avant de quitter La Malbaie, samedi matin, plusieurs heures avant la fin du sommet, Donald Trump a qualifié le sommet de succès et a précisé qu'il n'avait pas été conflictuel.

Les économies des deux pays sont aussi étroitement imbriquées avec un va-et-vient constant de personnes et de marchandises, le Canada étant le plus grand partenaire commercial des Etats-Unis.

Dans le cas de l'Allemagne, il s'agit d'un excédent. "Incohérent", a pour sa part commenté le président français Emmanuel Macron.

Le président des Etats-Unis avait menacé jusqu'à la toute dernière minute d'annuler sa présence au Québec, pour finalement arriver avec une heure de retard au Canada.

Le pari, "c'était de jouer sur la psychologie de Trump et de lui tendre la main au milieu des alliés européens plus hostiles, comme (la chancelière allemande Angela) Merkel".

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