Le coup de poker d'Erdogan — Elections en Turquie

Claudine Rigal
Juin 24, 2018

Rendez-vous dimanche après-midi sur Euronews pour notre soirée spéciale élections en Turquie. Depuis l'avènement en 2002 de son parti, l'AKP, le président Erdogan s'est imposé comme le dirigeant turc le plus puissant après le fondateur de la République Mustafa Kemal, transformant le pays à coups de mégaprojets d'infrastructures et de réformes sociétales libérant l'expression religieuse. L'enjeu de ce double scrutin est particulièrement important car il marquera le passage d'un système parlementaire à un régime présidentiel qu'appelle de ses voeux l'homme fort d'Ankara, accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs. Voyant dans ces élections leur dernière chance d'arrêter Recep Tayyip Erdogan dans sa quête d'un pouvoir incontestable, des partis aussi différents que le CHP (social-démocrate), l'Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste) ont noué une alliance inédite pour le volet législatif des élections, avec l'appui du HDP (prokurde).

Muharrem Ince, candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle du 24 juin en Turquie, a de quoi donner des sueurs froides au président Recep Tayyip Erdogan. La campagne a tourné au corps à corps entre deux orateurs charismatiques qui ont ferraillé jusqu'au dernier moment en tenant samedi des meetings concurrents à Istanbul.

Si M. Erdogan reste le favori de la présidentielle, il n'est pas assuré de récolter les plus de 50% des voix nécessaires pour éviter un second tour qui se déroulerait le 8 juillet.

Pendant la campagne, M. Erdogan a semblé sur la défensive, promettant par exemple de lever rapidement l'état d'urgence ou encore d'accélérer le retour dans leur pays des réfugiés syriens, mais uniquement après que M. Ince eut promis la même chose.

Ce scrutin est le premier depuis le référendum de 2017 par lesquels les Turcs ont, à une courte majorité, approuvé une révision de la Constitution qui renforce les pouvoirs du chef de l'Etat. Mais leurs arguments ont-ils été entendus à travers la Turquie?

Il a exhorté ses partisans à rester mobilisés "pendant 36 heures" pour s'assurer que le vote et le dépouillement des bulletins se déroulent sans fraudes.

Face à la mainmise du gouvernement sur les principaux médias, les candidats et partis de l'opposition se sont élevés depuis le début de la campagne contre une couverture médiatique qu'ils jugent inéquitable.

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