Le directeur d'un collège pourrait être licencié pour avoir dénoncé un viol

Xavier Trudeau
Juin 12, 2018

Le principal du collège Saint-Joseph à Saint-Ambroix (Gard), institution catholique, a été suspendu de ses fonctions pour avoir dénoncé auprès des autorités un viol aggravé entre élèves. L'organisme de gestion de l'établissement lui reproche de ne pas avoir alerté sa hiérarchie avant d'entamer ses démarches. Paul Gobillot, 62 ans, est même convoqué ce lundi pour un entretien préalable à son licenciement par la direction diocésaine de l'enseignement car il n'aurait pas "suivi le protocole hiérarchique ".

Au Parisien, le directeur diocésain de l'établissement, Jérôme Martine, a évoqué " divers griefs qui sont formulés. Par le passé, il avait reproché au principal de "ne pas avoir prévenu directement le procureur selon la procédure administrative", selon France 3. "C'est le monde à l'envers!".

Lors du voyage scolaire à Malte de 38 élèves entre le 5 et le 9 mars 2018, deux élèves de Saint-Joseph hébergés dans des familles ont violé leur victime avant de la rosser tandis qu'un autre filmait la scène avec son téléphone portable, une vidéo diffusée sur un réseau social. Le 30 mars, après en avoir été informé, M. Gobillot s'était rendu à la gendarmerie avec les parents de la victime et avait été entendu en tant que témoin. Deux adolescents de 4e ont ensuite été mis en examen pour "viol en réunion". Certains membres de l'équipe pédagogique et élèves soutiennent le directeur. Selon l'avocat, M. Gobillot est considéré comme un "gêneur", faisant notamment obstacle à certains projets immobiliers du diocèse.

Une haie d'honneur composée d'élèves, d'anciens élèves et de professeurs du collège Saint-Joseph a accompagné le directeur du collège jusqu'à son entretien qui a duré une heure et demi.

Dans cette structure étaient accueillis "des jeunes en rupture, aussi bien des migrants que des locaux de nos campagnes de milieux défavorisés", explique Paul Gobillot qui estime que le diocèse donne "un signal fort en fermant une telle classe à la rentrée".

Paul Gobillot doit être reçu mercredi à 18H00 à Nîmes par la direction diocésaine de l'enseignement catholique avant qu'un conseil d'administration ne décide prochainement de son sort.

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