Le musicien Geoffrey Oryema a tiré sa révérence — Ouganda

Pierre Vaugeois
Juin 25, 2018

Il était surnommé le "Leonard Cohen africain". Celle de Geoffrey Oryema s'est arrêtée à Lorient (Morbihan) à l'âge de 65 ans. C'est sa femme qui a annoncé la funeste nouvelle.

En 1977, après l'assassinat de son père, alors ministre de l'eau et des ressources, commandité par le dictateur Amin Dada (dirigeant le pays depuis 1971), Geoffrey Oryema fuit vers le Kenya, caché dans un coffre de voiture. Naturalisé français, le chanteur avait confié à l'AFP qu'il ne pourrait plus "vivre ailleurs qu'en France. Ce pays m'a tendu les deux bras".

Il est rendu célèbre par sa voix envoûtante grâce à son album "Exile" dévoilé en 1990.

L'une de ses chansons "Yé lé lé" avait été choisie par Michel Field pour le générique de son émission "Le cercle de minuit". Ses deux albums suivants avaient été enregistrés dans ce même studio. "Il a donné son nom et son soutien en 2016-2017 à un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile à Bobigny", souligne sa compagne Régine Martz. Entre son second et son troisième album, Geoffey Oryema signa la chanson thème du film Un indien dans la ville, aux côtés de Manu Katché et Tonton David, Chacun sa route.

Mais dès Exile, ilse fait connaître avec son mélange de blues et de mélodies ougandaises jouées au lukeme, petit piano à pouce. Son dernier album From the heart était sorti dans les bacs en 2010.

"C'était un grand humaniste". Le musicien s'implique aussi beaucoup dans le combat contre l'enrôlement des enfants dans les luttes armées. A ce titre, il a été invité à deux reprises à l'ONU à New York.

Une cérémonie religieuse devrait avoir lieu vendredi 29 ou samedi 30 juin à Plomeur (Finistère), où il résidait.

Dans sa langue locale, l'Acholi, il a évoqué dans ses chansons la violence que les enfants soldats ont été forcés de commettre dans sa région natale du nord de l'Ouganda, apprend-on de l'AFP.

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