Le nouveau gouvernement, pro-européen et majoritairement féminin, a prêté serment — Espagne

Xavier Trudeau
Juin 8, 2018

Le nouveau gouvernement compte 17 ministères, soit quatre de plus que l'exécutif de M. Rajoy, avec 11 portefeuilles confiés à des ministres femmes, ce qui en fait le gouvernement avec la plus forte présence féminine de l'histoire de la démocratie espagnole.

Le Parti Socialiste ne dispose en effet que de 84 députés sur 350 et aura la marge de manœuvre que voudront bien lui laisser le parti de gauche radicale Podemos, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans, qui ont soutenu vendredi la motion de censure contre Mariano Rajoy.

Parmi les femmes distinguées, figurent la vice-présidente du gouvernement Carmen Calvo, personnalité socialiste de renom, la ministre de l'Economie Nadia Calvino, actuellement directrice générale du budget de l'UE à la Commission européenne et la ministre de la Justice, Dolores Delgado, procureure chargée des affaires de terrorisme.

Alors que la plupart des récentes élections au sein de l'Union européenne ont surtout porté au pouvoir des populistes ou des eurosceptiques, comme c'est le cas en Italie, l'exécutif espagnol a volontairement un caractère pro-européen marqué.

La composition de ce gouvernement est "le reflet du meilleur de la société" espagnole, "paritaire, intergénérationnel et ancrée dans l'UE", a-t-il déclaré. Après la grève massive des femmes, le 8 mars, et l'explosion dans la sphère publique de ce mouvement, le gouvernement socialiste prendra probablement des mesures pour favoriser l'égalité entre hommes et femmes. Isabel Celaa sera chargée de l'Education, Magdalena Valerio du Travail, Carmen Montón de la Santé. Les femmes se sont vu confier tant de maroquins que la presse espagnole se demande si le Conseil des " ministros " (ministres au masculin) ne devrait pas être rebaptisé des " ministras " (au féminin).

En nommant Nadia Calviño au ministère de l'économie, le nouveau président du gouvernement espagnol marque un point.

Cette équipe devra respecter les " engagements européens " en matière de déficit public, qui doit être ramené cette année à 2,2 % du PIB. Au nom de " la stabilité", Pedro Sanchez s'est engagé à préserver le budget de l'Etat 2018 élaboré par les conservateurs, en passe d'être examiné par le Sénat.

" L'Espagne croît de 3 % (par an) mais ne répartit pas la richesse", a souligné Pedro Sanchez en promettant de lutter pour l'égalité et contre la pauvreté infantile. C'est aussi un Catalan fermement opposé à l'indépendance de sa région. A l'étranger, il sera chargé de défendre l'unité du Royaume d'Espagne, alors que le gouvernement Rajoy, selon lui, avait tout "fait de travers" en termes de communication face aux indépendantistes. Par ailleurs, deux des ministres de ce nouveau gouvernement de centre-gauche sont ouvertement gay: le ministre de l'intérieur, Fernando Grande-Marlaska, un magistrat militant pour les droits LGBTI, marié avec son compagnon depuis 2005; et le ministre de la Culture et des sports, Maxim Huerta, célèbre présentateur de télévision et écrivain.

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