Le nouveau nom de la Macédoine accepté par Athènes

Claudine Rigal
Juin 14, 2018

La région a été le foyer de la bronca grecque déclenchée à l'indépendance, en 1991, du pays voisin, qui n'a finalement été accepté en 1993 que sous un nom provisoire. La Macédoine, petit Etat anciennement rattaché à la Yougoslavie, pourra de nouveau compter en tant qu'Etat reconnu après avoir changé de nom en " République de Macédoine du nord ". En Grèce, le parti d'opposition Nouvelle Démocratie va déposer une motion de censure contre le gouvernement d'Alexis Tsipras pour dénoncer cet accord.

L'accord n'est cependant pas définitif et doit encore être ratifié par le Parlement macédonien, puis soumis à un référendum à l'automne, avant d'être enfin ratifié par le Parlement grec une fois l'acceptation définitivement actée chez son voisin du nord.

La modification de la Constitution s'annonce épineuse, dans la mesure où Zoran Zaev ne dispose pas de la majorité qualifiée pour procéder à ces changements et où l'opposition nationaliste a dénoncé l'accord, le qualifiant de "capitulation".

Il avait notamment fustigé la révision constitutionnelle imposée par Athènes à Skopje pour que le changement de nom de l'actuelle Ex-République yougoslave de Macédoine (ARYM) s'applique aussi en interne.

Gjorge Ivanov s'est exprimé dans le cadre d'une conférence de presse.

Surtout, Athènes avait mis son veto à toute tentative de Skopje de rejoindre l'OTAN et l'UE.

Zoran Zaev de son côté a salué "une solution historique après deux décennies et demie [de querelles]".

"Que cache l'accord entre Tsipras et Zaev?" titre le quotidien Ta Nea, qui développe: "Nous avons accepté le nom (Severna Makedonjia), la nationalité (macédonienne), la langue (macédonienne), et le feu est passé au vert pour l'adhésion de notre voisin à l'otan et à l'UE". Selon l'accord, le nom "Macédoine du Nord" sera utilisé universellement (erga omnes), à l'international comme à l'interieur du pays.

La Grèce ne tolérait pas que son voisin prenne le nom de sa province septentrionale et s'arroge la splendeur et les hauts faits des deux grands rois de Macédoine antique, Philippe II et son fils Alexandre le Grand.

L'UE et l'Otan se réjouissent.

. Je croise les doigts. "Grâce à vous l'impossible devient possible", s'est enthousiasmé le président du Conseil européen Donald Tusk sur Twitter.

Même tonalité de la part de la vice-présidente de la Commission européenne Federica Mogherini et du Commissaire à l'Intégration européenne Johannes Hahn qui, dans un communiqué, ont "salué de tout cœur" les deux Premiers ministres pour "leur détermination et leur leadership dans cet accord [.] qui contribue à la transformation de toute l'Europe du Sud-est".

L'accord bénéficie aussi du soutien d'une partie de l'opposition de centre-gauche, pour son potentiel de stabilisation.

Une salve de félicitations qui ne clôt pas définitivement l'affaire.

Les opposants grecs à tout partage du nom de la Macédoine ont de leur côté annoncé de nouvelles manifestations à Athènes, vendredi matin et samedi soir.

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