Les agriculteurs ont débuté leurs actions — Blocage des raffineries

Xavier Trudeau
Juin 11, 2018

"Je comprends la préoccupation qui est la vôtre", a expliqué le 7 juin le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert devant le congrès national des Jeunes Agriculteurs.

"Aujourd'hui, ces blocages sont illégaux", a déclaré le ministre de l'Agriculture sur RTL. "Ce n'est pas en bloquant des raffineries qu'on va trouver une solution adéquate".

Les agriculteurs se préparent à bloquer à partir de ce dimanche 10 juin 2018 en soirée, des raffineries et dépôts de carburants pour dénoncer les contradictions d'un gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l'huile de palme. Les agriculteurs protestent contre l'autorisation donnée par le gouvernement au groupe pétrolier Total d'importer 300 000 tonnes d'huile de palme pour sa raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, soit 50% des besoins de l'usine.

Le blocage de la Mède devait être levé dès lundi en fin de matinée.

"C'est une action coup de poing qui a atteint son objectif en alertant l'opinion publique sur les distorsions de concurrence de nos produits par rapport aux produits étrangers qui ne respectent pas l'environnement, nos standards de production et nos charges sociales", a dit à Reuters le secrétaire général de la FRSEA PACA, Patrick Lévêque.

Le gouvernement n'entend pas céder. L'agriculture française peut fournir quant à elle des huiles de tournesol ou de colza, coûtant toutefois plus cher. "Je souhaite que demain Total puisse s'approvisionner de la meilleure manière auprès des producteurs de colza", a-t-il poursuivi. Si le mouvement de blocage des raffineries a été annoncé pour une durée indéterminée, il ne devrait pas provoquer rapidement de pénurie à la pompe.

Dans un communiqué, Total assure être "mobilisé pour diminuer au maximum l'impact de ce mouvement sur ses clients". Car la France compte au total sept raffineries en activité ainsi que 200 dépôts de carburant.

Les sites touchés par cette mobilisation sont ceux de Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), Dunkerque (Nord), Cognières (Yvelines), Gennevelliers (Hauts-de-Seine), Grandpuits (Seine-et-Marne), Vatry (Marne), Strasbourg (Bas-Rhin), Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du Rhônes) et Toulouse (Haute-Garonne).

La FNSEA a indiqué à l'AFP que les barrages débuteraient dès 07H45 le lundi, certains à 11H00, dans la configuration suivante: une centaine de personnes sur chacun des sites, avec une tente, des barbecues et des tracteurs, dans une ambiance qualifiée de "conviviale". "Il ne faut pas se précipiter inutilement dans les stations-service, c'est ça qui souvent crée la pénurie". "Nous sommes écoutés mais pas entendus, [.] ce que nous voulons ce sont des décisions", a affirmé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ce lundi sur RMC".

Le FNSEA veut également que soit réintroduit dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin par le Sénat, un amendement sur l'interdiction d'importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne, même à doses résiduelles, a ajouté M. Despey.

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