Les nouveaux traitements sont des "révolutions", pour ce cancérologue — Cancer

Evrard Martin
Juin 8, 2018

Certains médicaments hormonaux habituellement prescrits après une opération pour retirer la tumeur seraient suffisants pour éviter les récidives. Mais la chimiothérapie reste un standard sauf cas particulier. L'étude a été menée auprès de 10'000 femmes souffrant d'un cancer du sein localisé, sensible aux hormones féminines et sans atteinte aux ganglions. Avec une petite fierté: "Le protocole Folfirinox, le nom donné à cette chimiothérapie, a été créé et testé à Montpellier il y a vingt ans", précise Marc Ychou. L'étude a évalué l'un d'eux.

En 2004, les chercheurs sont parvenus, grâce à un test génétique nommé Oncotype DX, à déterminer sur une échelle de 0 à 100 la probabilité pour que le cancer du sein récidive chez une femme.

Les résultats ont montré, au terme des 9 années de l'étude, que l'hormonothérapie seule était non inférieure à la combinaison chimio-hormonothérapie, à la fois sur le taux de récidive de la maladie (83,3% contre 84,3%), sur le taux d'apparition de métastases (94,5% contre 95%), et sur le taux global de survie (93,9% contre 93,8%). "Nous sommes en train de quitter l'ère où la seule solution était la chimiothérapie", s'est réjoui John Heymach, cancérologue au centre médical MD Anderson, au Texas.

Selon les experts, les cancers du sein et du poumons pourraient être traités sans avoir recourt à la chimiothérapie. Les patientes et leurs médecins sont alors confrontés à un dilemme entre le risque et le bénéfice de la chimiothérapie.

Rien ne permet de l'affirmer pour l'instant mais les études se poursuivent.

"Ce résultat est important".

Ainsi, si le risque est faible, c'est-à-dire inférieur à 10, la patiente n'aura pas besoin de chimiothérapie. Une des raisons évoquées concernait le coût total d'un traitement de chimiothérapie vis-à-vis du coût d'un test MammaPrint, qui s'élève actuellement jusqu'à 3.000 euros. Le Genevois insiste sur le fait que ces conclusions sont valables pour un certain type de tumeur et principalement pour des femmes de plus de 50 ans.

Cependant entre 11 et 25, on se trouvait dans une zone dite "grise", pour laquelle le meilleur traitement restait incertain. " La chimiothérapie, ce n'est pas fini, on l'utilisera mieux " À l'heure de la personnalisation des prises en charge, " ces résultats sont très positifs ", relève le Pr Zelek". Des études ont révélé que le recours traumatisant à la chimiothérapie pouvait être évité dans de nombreux cas.

Une deuxième étude publiée en marge de la conférence de Chicago apporte une autre bonne nouvelle. Là, l'espoir vient de l'immunothérapie.

Environ 28 600 personnes ont reçu un diagnostic de cancer du poumon, et 21 100 en sont mortes. Dans le domaine de l'immunothérapie, l'efficacité de la molécule pembrolizumab du laboratoire MSD (Keytruda) a été comparée à celle de la chimiothérapie. La méthode ne fonctionne pas contre tous les types de cancers et peut provoquer de graves effets secondaires, parfois au point que les patients cessent le traitement. Et dans l'hypothèse où des mutations sont détectées, le patient se verrait alors prescrire des médicaments ciblant précisément la tumeur pour éviter la chimiothérapie.

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