Les tarifs des mutuelles dans le viseur de l'UFC-Que-Choisir — Santé

Evrard Martin
Juin 14, 2018

L'association de défense des consommateurs pointe la dérive des frais de gestion des organismes complémentaires d'assurance maladie et le manque de lisibilité des contrats qui fausse le jeu de la concurrence, alors que la cotisation moyenne à une complémentaire santé s'élève en 2017 à 688 euros par an, soit 47 % de plus qu'en 2006.

Alors que la réforme du reste à charge zéro (RAC 0) voulue par Emmanuel Macron prend forme, puisque la nouvelle convention dentaire qui l'organise pour les prothèses doit être signée le 21 juin, et que les accords conduisant à sa mise en place du reste à charge zéro dans les domaines de l'optique et des audioprothèses doivent être signés en présence de tous les acteurs concernés au congrès de la Mutualité française (FNMF) le 13 juin à Montpellier, l'UFC - Que Choisir a relancé le débat sur les défaillances du marché de la complémentaire santé mardi 12 juin. "Les cotisations complémentaires ont progressé 3 fois plus vite que l'inflation sur la dernière décennie. L'explication est donc également à chercher du côté des frais de gestion", fait savoir l'UFC-Que Choisir. Si des hausses de fiscalité sur les contrats sont intervenues, elles ne justifient que moins du tiers de la progression des cotisations. C'est pourquoi l'UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à une action résolue pour s'assurer qu'une concurrence raffermie remette au service des consommateurs le secteur de l'assurance santé. Ils ont représenté "7,2 milliards d'euros" de dépenses en 2016, dont 2,8 milliards en frais d'acquisition de clients (publicité, communication) et ont augmenté de 30% depuis 2010, soit "deux fois plus que celle des prestations remboursées aux assurés" (+15%). Il en ressort une très grande variabilité des frais de gestion des contrats santé individuels, qui s'étalent de 9 % à 42 % des cotisations. Ces frais, qui s'ajoutent aux taxes (13,27% pour le contrats responsables) et à la marge technique des OCAM (4% en individuelle), réduisent le taux de redistribution à 66% pour les contrats individuels et 76% pour les contrats collectifs.

Sud Ouest
Les tarifs des complémentaires santé ont flambé de 47% en 11 ans, dénonce UFC-Que Choisir

Or, il est impossible aux consommateurs de se retrouver dans le maquis des contrats, pour la plupart illisibles et incomparables: malgré les promesses, 80 % des complémentaires n'utilisent pas le vocabulaire commun défini, 38 % jouent de la confusion entre les remboursements de l'assurance maladie et les leurs, et 62 % continuent à utiliser des pourcentages de remboursement au-delà de 100 % (jusqu'à 300 %, 400 % voire 500 %) pour les soins dentaires. Comment s'étonner alors qu'un sondage exclusif nous apprenne que 37 % des consommateurs estiment difficiles à comprendre leurs garanties santé, et que 48 % ne soient pas en mesure de connaître à l'avance leur remboursement pour des soins importants non récurrents? Elle souhaite enfin contraindre les complémentaires à publier leur "taux de redistribution" avant toute souscription, par exemple sur internet.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL