Licencié après avoir refusé des photocopies à la "sœur du patron"

Xavier Trudeau
Juin 22, 2018

Steevy M., salarié de l'espace SFR de Montesson, dans les Yvelines, voit trois femmes entrer dans la boutique. "L'une d'entre elles, F.P, se présente comme une salariée de SFR La Défense et me demande de photocopier ses feuilles d'imposition". Elle aurait même lancé au jeune homme: "vous aurez des problèmes!"

Le responsable de la boutique est finalement intervenu et a accepté de faire les photocopies, souligne 20 Minutes. La direction affirme que le vendeur a haussé le ton et a manqué de respect à une collaboratrice. "Je lui ai alors dit que ce n'était pas possible, que je ne pouvais pas me permettre d'utiliser autant de feuilles de papier au détriment des autres clients", explique-t-il. Une cliente lui a demandé un service un peu particulier. Sa version a été confirmée par une autre cliente présente dans le magasin et n'ayant aucun lien de parenté ni d'amitié avec lui. Dans ce document, elle raconte que Steevy s'est exprimé "poliment" et que la cliente, faisant preuve "d'agressivité", "s'est emportée" et lui a parlé "d'une voix menaçante". Elle l'aurait alors "menacé de lui faire perdre son emploi ".

Trois semaines plus tard, le vendeur est convoqué en entretien préalable au licenciement. Une attitude qui "porte atteinte à l'image de notre entreprise" précise la lettre de licenciement.

Selon "20 Minutes", qui rapporte l'information, plusieurs syndicats de SFR ont publié un tract mercredi pour demander la "réintégration immédiate" de cet employé.

Alors que l'ancien employé compte amener l'affaire devant la justice, SFR a répondu à ces accusations par mail."Deux collaborateurs ont été licenciés pour faute". Il lui est notamment reproché "de n'avoir réalisé aucune photocopie, et d'avoir haussé le ton contre la cliente, devant les autres personnes en déclarant: "J'en ai rien à foutre, je ne le ferai pas". "C'est la vie normale des entreprises", a-t-elle ajouté. Ariane Sostras, avocate spécialiste du droit du travail contactée par le Figaro (et qui n'est pas le conseil de Steevy, ndlr), est plutôt optimiste pour lui. Elle rappelle toutefois que "l'employeur est maître des sanctions qu'il applique".

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