L'Italie menace de fermer ses ports aux migrants | Europe

Claudine Rigal
Juin 11, 2018

L'ONG a précisé que parmi ces migrants se trouvaient 123 mineurs isolés, 11 enfants en bas âge et sept femmes enceintes.

SOS Méditerranée indique ne pas avoir été officiellement prévenue de cette décision par les autorités italiennes, mais l'avoir appris par les medias transalpins.

Rome a reproché à La Valette d'avoir refusé de porter assistance au Seefuchs et aux 126 migrants à son bord. Le navire de l'ONG allemande Sea-Watch a finalement été autorisé à accoster samedi dans le port sicilien de Pozzallo.

Un porte-parole officiel maltais a déclaré à l'AFP que son gouvernement n'avait "pas reçu jusqu'ici de communication de M. Salvini", mais que "Malte n'était pas l'autorité coordinatrice ni compétente" concernant ce sauvetage. Le Premier ministre maltais Joseph Muscat s'est entretenu au téléphone à ce sujet avec le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte et a affirmé "que Malte agi [ssait] en pleine conformité avec ses obligations internationales", selon un communiqué du gouvernement maltais.

Ceux-ci ont été secourus par le bateau de SOS Méditerranée Aquarius au cours de six opérations distinctes en Méditerranée centrale dans la nuit de samedi à dimanche et étaient dimanche à la recherche d'un port où débarquer de manière sûre.

Malte réagissait à la demande présentée dimanche par le gouvernement italien dans un communiqué conjoint du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini et du ministre des Infrastructures et des Transports Danilo Toninelli, responsable de la surveillance des côtes italiennes. Le gouvernement maltais a fait savoir qu'il refusait d'accéder à la demande du gouvernement italien.

Il a multiplié dernièrement les déclarations sur la crise migratoire que connaît l'Italie depuis plusieurs années.

"Si quiconque pense que nous n'allons pas bouger un muscle alors que nous subissons un autre été de débarquements, de débarquements et encore de débarquements, eh bien ce n'est pas ce que je vais faire", avait-il déclaré à des journalistes.

Le ministre de l'Intérieur et patron de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a confirmé lundi sur Twitter qu'il n'entendait pas plier: "sauver des vies est un devoir, transformer l'Italie en un énorme camp de réfugiés, non".

Depuis vendredi, l'Italie et Malte s'affrontent à propos de l'accueil des migrants. L'équipage se trouve toujours en attente d'ordres clairs de la part du Centre de coordination des secours en mer à Rome (MRCC) qui les avait mandatés sur le sauvetage.

Evoquant l'affaire de l'Aquarius, le maire du port de Tarente, dans les Pouilles (sud de l'Italie), Rinaldo Melucci, s'est dit "prêt à recevoir toute vie en danger".

L'Italie a vu débarquer quelque 700 000 migrants clandestins sur ses côtes depuis 2013.

"Si un ministre sans coeur laisse les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les êtres humains mourir en mer, le port de Naples est prêt à les accueillir".

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