" Petite martyre de l'A10 ". Les parents placés en garde à vue

Claudine Rigal
Juin 14, 2018

Presque 31 ans après, les enquêteurs seraient prêts de savoir ce qui est arrivé à cette petite fille découverte morte, le corps mutilé, dans un fossé de l'A10 en août 1987.

L'énigme du corps martyrisé d'une fillette de quatre ans découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 est en passe d'être résolue avec l'identification et le placement en garde à vue de ses parents.

Peu à peu, les gendarmes de la section de recherche d'Orléans parviennent à remonter jusqu'aux parents et procèdent à leur interpellation le 12 juin.

C'est une trace ADN qui a permis d'accélérer l'enquête. Il accuse la mère, dont il est aujourd'hui séparé. Les enquêteurs ont notamment recoupé les données de la caisse d'allocations familiales pour déterminer qu'un enfant du couple n'était plus recensé. Selon une source proche du dossier, la mère, qui a eu six autres enfants, faisait croire que l'enfant était au Maroc, avec sa grand-mère. L'homme accuse la mère.

"Ils ont été placés en garde à vue pour " meurtre", " recel de cadavre " et " violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans ".

Elle porte de nombreuses traces de tortures: des brûlures, d'anciennes fractures non-consolidées, des morsures (son mamelon gauche avait été arraché avec les dents)...

Le juge d'instruction avait précisé à l'époque qu'il s'agissait "pratiquement d'un cas d'anthropophagie avec prélèvement de chair". Le procureur de la république de Blois Frédéric Chevallier donnera une conférence de presse ce jeudi vers 18h00 au palais de justice de Blois.

Le 11 août 1987, la dépouille d'une enfant aux cheveux bouclés, âgée de 3 à 5 ans, avait été retrouvée par des agents d'entretien de l'A10. Près de 65.000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6.000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à cette jeune victime. Son signalement est également diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les lieux publics.

De l'ADN avait été relevé sur son corps à l'époque et inscrit dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). En l'absence de piste et de suspect, une ordonnance de non-lieu est rendue en octobre 1997.

Un nouvel appel à témoins avait été lancé en 2012, les gendarmes espérant que quelqu'un, au courant de l'affaire, puisse éprouver des remords. Mais aucun appel ne conduit à une réelle avancée. Parce que cette enfant est morte dans des conditions qui méritent vraiment toute notre attention.

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