Politique migratoire. Merkel contestée par l'aile droite de son gouvernement

Claudine Rigal
Juin 20, 2018

Outre le principe d'un budget pour la zone euro à partir de 2021 avec une latitude pour investir et pour aider les pays en difficulté, qu'il reste à faire accepter aux autres États membres, l'Allemagne a aussi accepté la proposition française de renforcer l'Europe de la défense par une "initiative européenne d'intervention", sorte d'état-major de crise regroupant une dizaine de pays et devant conduire à une force commune.

"Nous sommes pour une action coordonnée, au niveau européen ce serait le mieux mais c'est très difficile, alors la coopération de certains pays doit être une option aussi", a confirmé Mme Merkel, alors que nombre d'Etats membres, Pologne et Hongrie en tête, combattent les idées de partage du fardeau migratoire de la chancelière.

"(En cas d'échec) Nous rentrerons, je n'hésite pas à le dire, dans une zone de turbulence pour la zone euro et pour l'Union européenne de manière générale".

Personne n'escompte un accord des Européens fin juin sur une réforme du règlement de Dublin, qui stipule que les demandeurs d'asile seront renvoyés dans leur pays d'arrivée.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel arrivent pour une photo de famille avec leurs ministres avant un conseil des ministres franco-allemand le 19 juin 2018 destiné à préparer le Conseil européen des 28 et 29 juin. Pour la chancelière allemande, Paris pourra compter sur le soutien de Berlin dans cette démarche.

Au sujet de l'Union bancaire, ce n'est pas pour tout de suite. L'Europe doit avoir "plus de capacités" pour surveiller ses frontières extérieures mais aussi davantage de "mécanismes de solidarité à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières face à l'arrivée des migrants", a ajouté le président français.

Par ailleurs, le locataire de l'Elysée a indiqué que la France et l'Allemagne s'efforcent de conclure des accords entre les principaux pays de l'UE concernés par l'afflux migratoire pour renvoyer les demandeurs d'asile dans le premier pays où ils ont été enregistrés.

Dans une Europe post-Brexit divisée, prise de surcroît en étau entre le protectionnisme des Etats-Unis de Donald Trump et les ambitions de la Chine, il juge "indispensable de proposer un nouveau projet européen", sur l'immigration ou les questions économiques et financières, a-t-il déclaré à BFM TV. "Chacun joue sa propre partition au sein de la coalition", notait un diplomate français avant la rencontre franco-allemande.

Quant à la création d'un ministre des Finances ou d'un Parlement de la zone euro, face au refus catégorique de l'Allemagne, il ne devrait plus en être question, Paris en ayant fait son deuil.

Les deux semaines qui viennent s'annoncent donc décisives et compliquées pour Angela Merkel, car il semble improbable qu'elle puisse trouver une solution satisfaisante à la fois pour ses alliés bavarois et pour l'Italie ou la Grèce, qui réclament une répartition des demandeurs d'asile en Europe. "On attend de voir".

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