Routes secondaires à 80 km/h: pas d’évaluation de l’efficacité avant 2 ans

Claudine Rigal
Juin 19, 2018

Annoncée le 9 janvier dans le cadre d'un plan gouvernemental visant à faire baisser le nombre de morts sur les routes, cette mesure suscite une vive contestation de la part d'associations d'automobilistes et de motards, d'élus locaux et même de ministres doutant de son efficacité. Dans un sondage publié en avril dernier, 76 % des Français s'y déclaraient opposés.

En effet, après une baisse continue de la mortalité routière depuis 1970, celle-ci a connu trois années consécutives de hausse de la mortalité routière: 3,4 % en 2014, 2,2 en 2015, 0,5% en 2016.

Le décret a été signé vendredi par le Premier ministre, Édouard Philippe, et est publié dimanche 17 juin 2018 au Journal Officiel.

Une " clause de rendez-vous " est fixée au 1 juillet 2020.

Comme annoncé précédemment par le Premier ministre Edouard Philippe, un bilan sur l'impact de la mesure sera dressé dans deux ans afin de déterminer si cet abaissement de la vitesse a été bénéfique ou s'il faut au contraire revenir aux 90 km/h. À compter de ce jour-là, la vitesse sera officiellement abaissée de 90 à 80 km/h sur les routes départementales.

Selon la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, cette disposition s'inscrit dans la lignée d'autres mesures "majeures" de sécurité routière, comme l'instauration des radars automatiques (2002) ou la ceinture de sécurité obligatoire (1973), également décidées contre l'avis de l'opinion publique. Alors que de nombreux usagers ont manifesté leur opposition à cette mesure en estimant que cette dernière était avant tout destinée à remplir les caisses, les pouvoirs publics maintiennent leur discours en expliquant que cette réduction de la vitesse permettra d'épargner 300 vies chaque année sur un réseau qui regroupe 55% des tués sur les routes.

Limitations de vitesse dans les 28 États membres de l'UE, détail du décret français de baisse de la vitesse sur les routes secondaires à double sens.

Ils préconisaient une application "décentralisée et ciblée", avec des routes limitées à 80 km/h choisies au niveau des départements en fonction de leur dangerosité. L'option n'a pas été retenue par le gouvernement.

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