Salvini pousse Macron à accueillir les migrants — Aquarius

Claudine Rigal
Juin 16, 2018

Emmanuel Macron avait dénoncé, mardi en Conseil des ministres, la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien".

Souffleté, le gouvernement italien avait agité la menace d'une absence de M. Conte à la rencontre de Paris, deuxième sortie internationale du tout nouveau chef de gouvernement.

Les deux gouvernements ont publié jeudi matin le même communiqué. La présidence française l'a confirmé jeudi, précisant qu'Emmanuel Macron "a souligné qu'il n'avait tenu aucun propos visant à offenser l'Italie et le peuple italien" après un entretien téléphonique avec le Premier ministre italien.

Le dirigeant italien arrivera au Palais de l'Elysée vers 13h30 pour un déjeuner avant une conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron vers 14h45.

Coup de froid dans les relations franco-italiennes.

Ce mercredi matin Christian Masset, l'ambassadeur de France à Rome, s'est donc rendu à la Farnesina, le siège du ministère des Affaires étrangères italien après les paroles "surprenantes" du chef de l'Etat français. L'Italie avait considéré comme un "acte grave" un contrôle opéré par des douaniers français en territoire italien à la gare de Bardonecchia près de la frontière entre les deux pays. Il faut remédier au plus vite à cette situation.

Le sort politique de Mme Merkel et sa fragile coalition gouvernementale pourraient être compromis par cette fronde.

L'Italie reproche aux autres pays européens, la France en tête, de ne pas assez s'investir pour gérer la crise migratoire alors qu'elle se trouve en première ligne.

A ses côtés, Emmanuel Macron, qui avait fustigé la décision italienne de ne pas laisser accoster l'Aquarius, un navire rempli de migrants, a reconnu que la solidarité européenne sur l'immigration à l'égard de l'Italie n'avait pas été au "rendez-vous" ces dernières années.

La crise intervient avant un Conseil européen crucial les 28 et 29 juin, qui doit porter en particulier sur la question des migrants.

"Nous devons créer des centres européens dans les pays de départ" des migrants avant qu'ils ne se lancent dans la traversée de la Méditerranée, a plaidé M. Conte, aux côtés d'Emmanuel Macron qui a également souhaité développer les "missions de nos agences en charge de l'asile (.) de l'autre côté de la rive". Pedro Sanchez, chef du fragile gouvernement socialiste espagnol, soumis au soutien parlementaire d'une foule de partis, s'est exprimé vendredi "pour une nouvelle Europe où les égoïsmes nationaux ne prévaudront pas".

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