#SauvezLesAgri: les agriculteurs à l'assaut de raffineries et dépôts de carburants

Xavier Trudeau
Juin 10, 2018

"On a demandé à Total de réduire la part d'importation d'huile de palme dans cette raffinerie, elle sera en dessous des 50%", et de "développer une haute qualité environnementale", a toutefois assuré M. Attal dimanche lors de l'émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

"C'est la fenaison, ce n'est pas le bon moment, mais on n'a pas eu de problème pour mobiliser, car c'est vraiment le ras-le-bol général", a déclaré à l'AFP Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui prépare le blocage du dépôt de Strasbourg pour minuit dimanche. Il dénonce "le double langage du gouvernement sur les accords internationaux et les négociations bilatérales qui autorisent des contingents d'importation complémentaires qui viennent déstabiliser l'ensemble des filières en France".

Principale revendication: que le gouvernement s'engage à ne pas rajouter des normes aux agriculteurs français qui s'estiment pénalisés par rapport aux importations. Car la France compte au total sept raffineries en activité ainsi que 200 dépôts de carburant, dont environ 90 dépôts principaux. Alors que la loi Alimentation doit être examinée au Sénat après avoir été adoptée en première lecture à l'Assemblée, ils réclament notamment qu'y soit ajouté un amendement prévoyant l'interdiction d'importer toute denrée produite à l'aide de substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne. Le carburant est acheminé des raffineries aux dépôts par un réseau d'oléoducs de 6.000 km, ainsi que par barge et par train.

Carburant : blocage prévu le 10 juin prochain
Carburant : les raffineries seront bloquées dès le 10 juin

Lundi matin, les syndicats FRSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) vont bloquer le site de la raffinerie Total de Mardyck, près de Dunkerque. Ils reprochent au gouvernement d'exiger d'eux des normes qu'il n'impose pas aux produits agricoles importés, et en particulier avec l'huile de palme.

Le slogan du syndicat: "N'importons pas l'agriculture", car cela crée des "distorsions de concurrence". "La goutte d'huile qui fait déborder le vase, c'est La Mède et Total qui décident d'importer de l'huile de palme", a expliqué Christiane Lambert la présidente de la FNSEA sur franceinfo.

Dans une lettre adressée aux députés et consultée vendredi par l'AFP, Patrick Pouyanné affirme également que Total avait "indiqué au groupe Avril vouloir poursuivre l'enlèvement (l'achat) de 600.000 tonnes de bio-diesel à base de colza à prix de marché et à approvisionner l'unité de la Mède avec 500.000 tonnes de colza français et ce, malgré l'impact économique négatif sur la marge de cette unité".

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