Trump défend la séparation des familles de migrants à la frontière

Claudine Rigal
Juin 20, 2018

Dans une autre vidéo diffusée par le site américain ProPublica, on peut entendre les pleurs des enfants (âgés de 4 à 10 ans d'après la BBC) alors que leurs parents sont incarcérés dans des prisons fédérales. "Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi", avait-il alors déclaré.

Cette mesure était déjà possible sous le président démocrate Barack Obama, mais rarement appliquée. Elle s'est exprimée ce week-end par l'intermédiaire de la directrice de sa communication Stephanie Grisham pour dire qu'elle "détestait" voir des enfants séparés de leurs parents sans-papiers, et qu'elle espérait vivre dans un pays qui respecte les lois mais qui gouverne avec le cœur.

Depuis l'annonce de la politique américaine de "tolérance zéro" début mai, 2342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), fuyant pour la plupart la violence qui ronge l'Amérique centrale.

Les précédents gouvernements privilégiaient au contraire l'engagement de poursuites au civil à l'encontre des clandestins passibles d'expulsion. "La vie des enfants est très, très précieuse et leur sécurité ainsi que leur bien-être doivent être notre préoccupation première", a répété le ministre Hussen, qui doit gérer un afflux de migrants depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump. La cheffe des démocrates à la Chambre Nancy Pelosi, avait, quant à elle, qualifié la politique gouvernementale américaine "d'inhumaine et barbare", après une visite dans l'un des camps.

Donald Trump revendique sa fermeté aux frontières malgré le tollé provoqué par la séparation de plus de 2 300 mineurs arrachés à leurs parents sans papiers, en affirmant qu'il ne laisserait pas les États-Unis devenir " un camp pour migrants ".

Ce sont ces images d'enfants détenus dans de grands centres de rétention près de la frontière avec le Mexique qui ont renforcé la polémique.

La secrétaire à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen, qui a aussi fait valoir ce dernier argument lors du même congrès, soutient que libérer les adultes entrés illégalement aux États-Unis avec des enfants reviendrait à leur offrir une " carte gratuite de sortie de prison ".

L'enregistrement des cris d'enfants dans les centres de détention. Le président pourrait d'ailleurs se rendre au Capitole pour en discuter mardi, selon le Wall Street Journal.

"Inadmissible" pour l'ONU, "cruelle" pour l'ancienne Première dame Laura Bush, "diabolique" pour l'opposition démocrate. "Nous ne pouvons pas et n'allons pas encourager les gens à amener des enfants en leur donnant une vaste immunité face à nos lois", s'est ainsi justifié hier, Jeff Sessions, le ministre de la Justice. Depuis des mois, sa réforme de l'immigration patine au Congrès, où les Républicains sont pourtant majoritaires. Tell them to start thinking about the people devastated by Crime coming from illegal immigration. "Si nous construisons le mur, si nous passons une loi pour mettre un terme au non-droit, nous n'aurons plus à faire ces choix terribles", a argumenté Jeff Sessions.

Reste que l'idée que la Maison-Blanche utilise ces enfants pour faire avancer le débat sur l'immigration indigne jusque dans les rangs républicains. "Certains dans l'administration ont décidé que cette politique cruelle renforçait leur pouvoir d'influence" a posté sur Facebook Ben Sasse, un sénateur républicain. Le projet, promis par le chef d'État pendant sa campagne présidentielle, implique le déblocage d'une enveloppe de 25 millions de dollars par le Congrès. "C'est inacceptable. Les Américains ne prennent pas leurs enfants en otage". These children should not be a negotiating tool.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL