Trump et Macron se sont écharpés avant le G7 — Taxes sur l'importation

Claudine Rigal
Juin 8, 2018

Aux côtés de Justin Trudeau, le président français a averti son homologue américain qu'il ne se laisserait pas intimider par ses menaces de guerre commerciale. Mais comment imaginer que les Canadiens, les Européens, les Japonais et les Américains trouvent un vocabulaire commun, après que Donald Trump a quitté l'accord de Paris sur le climat, dénoncé celui sur le nucléaire iranien, et infligé des taxes sur les importations américaines d'acier et d'aluminium?

Toute la question est de savoir si le président américain, auteur du célèbre livre "Art of the deal", parviendra à forcer ses interlocuteurs à négocier directement avec lui. Si Donald Trump n'arrive pas à fissurer ce front commun.

Emmanuel Macron s'est exprimé aujourd'hui quant aux thèmes qu'il aimerait aborder lors des discussions avec Donald Trump au cours du G7, qui aura lieu les 8 et 9 juin prochain au Canada.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé mercredi de négocier un accord commercial bilatéral avec les États-Unis, tel que souhaité par le président Donald Trump, réitérant qu'un traité entre Ottawa, Washington et Mexico demeurait la "meilleure" option. "L'excédent commercial de l'UE avec les Etats-Unis est de 151 milliards, et le Canada empêche nos agriculteurs et d'autres" d'accéder à son marché.

"J'ai hâte de les voir demain", a ajouté le président américain, mi-figue mi-raisin. Or, dans les capitales, le sommet s'est préparé comme un match à six contre un, l'escalade tarifaire décrétée par Donald Trump étant vécue comme la négation même de la raison d'être du G7. "Ce sont des emplois américains qui vont être perdus", a ajouté M. Trudeau, tandis que M. Macron a estimé que les taxes décidées par M. Trump "sont contre-productives y compris pour son économie" lors d'une conférence de presse commune peu avant le début d'un G7 sous très haute tension.

La remarque de Donald Trump sur l'incendie de Washington en août 1814 est inexacte, puisque ce n'est pas le Canada qui en est responsable. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du " G8", élargi pour elle en 1998.

Mais cette fois, ce n'est pas la composition du groupe que contestent les Etats-Unis, mais le principe même d'un ordre international fondé sur la concertation multilatérale.

Logiquement, il tente donc de contourner l'Union européenne, premier bloc économique mondial pour l'instant uni. Fraîchement adoubé par les parlementaires italiens, le nouveau premier ministre Giuseppe Conte, à la tête d'un gouvernement populiste liant le M5S et La Ligue (extrême droite), profitera de cette réunion des puissances pour faire ses premiers pas sur la scène internationale.

Un représentant canadien a déclaré aux journalistes tard jeudi soir qu'il y aurait "de sérieux désaccords sur beaucoup de choses" lors du sommet.

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