Un discours pour détailler sa politique sociale — Emmanuel Macron

Evrard Martin
Juin 14, 2018

Et c'est l'interprétation qui semble dominer dans les médias et sur les réseaux sociaux.

"Dénonçant un système " trop complexe et peu humain ", le président de la République a pris l'exemple du RSA, soutenant de manière assez brutale que, " s'il avait augmenté ces dix dernières années de 80%, l'accompagnement de ses bénéficiaires avait baissé dans le même temps de 40% en termes de dépense. Le locataire de l'Élysée a d'ailleurs donné le ton dès le mardi 12 juin en fustigeant le " pognon de dingue " que coûtent les aides sociales sans endiguer la pauvreté.

"Le CICE coûte un "pognon de dingue" (20 milliards), ne crée pas d'emploi, mais curieusement, Macron ne juge pas qu'il "déresponsabilise" et n'envisage pas de le supprimer", a pointé du doigt le communiste Ian Brossat, adjoint du maire de Paris en charge du logement.

Emmanuel Macron expose ce mercredi 13 juin le cadre de sa politique sociale devant le 42e congrès de la Mutualité française. Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres.

"On entend que des gens qui râlent et qui dissertent sur des débats qu'on a déjà eu 1000 fois, sur le fait qu'il est méprisant, condescendant et il n'y a pas une proposition alternative", conclue-t-il. Et sur la santé, c'est pareil.

Le chef de l'Etat devait notamment confirmer à Montpellier sa promesse de prise en charge à 100% des lunettes, prothèses dentaires et auditives en 2022. Une centaine de manifestants s'est réunie place de la comédie à Montpellier pour protester contre la politique sociale d'Emmanuel Macron. Des craintes que l'enregistrement diffusé mercredi risque d'alimenter.

Des annonces plutôt bien accueillies, malgré le scepticisme de ses opposants politiques sur le financement de ce mécanisme.

"Sur le fond, je pense qu'il a raison", a-t-il dit. Car si en effet elle montre "une forme de condescendance ou de mépris quand il parle des Français qui ne sont pas comme lui", il se joue de l'opposition qui "monte au créneau, des Républicains à la France insoumise en passant par Martine Aubry" mais qui reste attirée "par la forme" dans laquelle "ils se noient complètement". Dans la droite lignée des propos tenus par Agnès Buzyn, ministre de la santé, pour qui " toutes les allocations peuvent être discutées " et qui confie privilégier " l'approche monétaire " face à la grande pauvreté, Macron veut repenser tout le système de soin.

Particulièrement remonté, Patrick Apel-Muller de L'Humanité y voit "comme un résumé de programme: déchirer le filet social qui a permis à 9 millions de Français de faire face à la crise et au chômage; en faire des coupables de leur situation qu'il s'agirait de "responsabiliser"; introduire le virus d'une généralisation de la précarité en imposant aux chômeurs et aux allocataires du RMA des mini jobs de quelques heures". Olivier Faure, député PS et premier secrétaire du parti, appelle dans un tweet à de la "décence".

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