Un Donald Trump intransigeant est attendu au sommet du G7

Claudine Rigal
Juin 9, 2018

Souhaitée par Trump, elle est refusée par ses alliés. "Pendant des années, les Etats-Unis ont eu un déficit commercial très lourd avec l'Union européenne, a justifié le président américain, Donald Trump".

Le sommet du G7 de La Malbaie promet de se dérouler sur fond de vives tensions, alors que le président Donald Trump a lancé un (autre) pavé dans la mare en suggérant de revenir à une formule G8. Au manoir de la petite ville de La Malbaie (Québec), où se tient jusqu'à ce samedi le sommet du G7, Donald Trump et Emmanuel Macron s'adonnent toutefois à une partie de poker complexe, entre la nécessité de défendre les intérêts économiques de chacun et celle de maintenir une relation franco-américaine au beau fixe.

"Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie". Le président Trump, faut-il le rappeler, est en porte-à-faux avec ses partenaires en raison de son retrait de l'accord sur l'accord iranien et de sa décision de frapper le Canada et l'Union européenne (UE) de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium. Ils ont échangé seul à seul vendredi à l'occasion du début du sommet du G7, au Canada. Ils sont venus demander aux dirigeants du G7 de mettre plus de pression sur la Russie pour exiger la libération de prisonniers politiques, bien que cet État ait été exclu du Groupe des sept en raison de l'annexion de la Crimée à la Fédération de Russie en 2014. "J'ai hâte de remettre à plat les accords commerciaux injustes avec les pays du G7. Si ça ne se fait pas, on s'en sortira encore mieux", a-t-il tweeté vendredi matin. L'ambiance entre les deux dirigeants, qui ont jusqu'ici affiché de solides lien d'amitié, s'est tendue depuis quelques jours, le président français réaffirmant jeudi ses critiques virulentes contre les taxes américaines.

Le président américain a adopté un ton plus affable après son entretien avec Emmanuel Macron, dont il a souligné l'aide pour tenter de résoudre les questions commerciales, et a plaisanté devant les médias avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le président américain s'en est ensuite pris directement à un Justin Trudeau "tellement indigné", lui rappelant les "près de 300%" de taxes imposés par le Canada sur le lait, "tuant notre agriculture".

Les dirigeants Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte, réunis juste avant le début du sommet au Canada à l'initiative du président français, ont convenu que "la position européenne n'est pas un retour de la Russie" tout en rappelant la "vigilance du G7" face à Moscou et en évoquant "la possibilité d'établir un dialogue", selon les conseillers d'Emmanuel Macron.

Selon la délégation française, le texte pourrait reconnaître qu'un " cadre international basé sur des règles communes bénéficie à tous, plutôt qu'une démarche bilatérale qui ne crée pas ces situations gagnant-gagnant ".

Mais sur la question du commerce, reste à savoir jusqu'où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l'Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d'autres Européens. Le président américain est parti avant sa conclusion pour se rendre à Singapour où il doit rencontrer mardi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

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