Une analyse met en cause la nouvelle formule — Levothyrox

Evrard Martin
Juin 14, 2018

Un demi-million de patients se sont détournés du Levothyrox en France depuis la mise sur le marché de nouveaux médicaments, a déclaré en mars dernier le ministère de la Santé.

L'association française des malades de la thyroïde (AFMT) revient à la charge sur la nouvelle formule du Levothyrox.

L'ANSM rappelle qu'elle a mené depuis septembre 2017 des analyses pour vérifier la qualité de la nouvelle formule de Levothyrox qui ont confirmé sa conformité. Ensuite, " la présence, très anormale, de "dextrothyroxine" ", une molécule qui n'a pas d'action hormonale et dont la présence interpelle l'association. Les résultats présentés sur le site internet de l'association indiquent que le premier contiendrait une quantité normale de principe actif, tandis que les deux autres n'auraient respectivement que 88 microgrammes et 72 microgrammes de levothyroxine, contre les 100 microgrammes annoncés sur la boîte. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d'effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd'hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et pertes de cheveux. Ce sous-dosage qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement.

Se pourrait-il qu'une erreur de fabrication soit en cause? D'abord parce que l'AFMT n'a pas publié les résultats de l'analyse chimique, et que la méthode d'analyse employée par le laboratoire reste un mystère.

"À ce stade, notre association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d'une 'preuve' indiscutable, mais d'un fait nouveau important". "Si l'ANSM se refuse de commenter l'étude " qu'elle n'a pas vue", le laboratoire Merck a fustigé une étude " infondée scientifiquement " et qui dénonce l'absence de " présentation exhaustive des résultats ".

Concernant la présence d'une forme de lévothyroxine différente dans la nouvelle formule du Levothyrox (forme Dextrogyre D-T4), Merck affirme formellement que "tel n'est pas le cas". L'AFMT, estimant que "la 'sécurité sanitaire' ne permet pas d'attendre l'issue de l'instruction pénale pour agir", en appelle à l'Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d'échantillons, de l'ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants. Elle a rappelé que les conclusions de ces études sont publiées sur son site Internet.

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