Une résiliation coûterait 300 M EUR aux collectivités (Bolloré à l'AFP) — Autolib

Xavier Trudeau
Juin 18, 2018

"Selon les premières estimations réalisées par le syndicat, le coût de cette résiliation pour les communes sera de plusieurs dizaines de millions d'euros, soit un coût considérablement inférieur aux 233M€ exigés par le groupe Bolloré", assure la présidente du Syndicat. Sollicité par l'AFP, le groupe Bolloré n'a pas réagi. Le groupe industriel a sur cette somme déclaré ne devoir verser que 60 millions d'euros, laissant ainsi près de 240 millions de dettes potentielles au service publique, ce qui "n'a pas laissé le choix aux communes de résilier le contrat" déclare Catherine Baratti-Elbaz. Le groupe Bolloré a tenu à préciser vendredi en début de soirée que la rupture coûterait au syndicat 150 millions d'euros, plus le transfert des 500 salariés d'Autolib', la reprise des véhicules et des bornes électriques à la valeur nette comptable, le dédommagement des clients.

Le changement de prestataire du Vélib pas encore digéré, le syndicat Autolib' Vélib' Métropole enclenche une procédure afin de résilier le contrat qui le lie à la société Bolloré. "En tant que syndicat, nous ferons tout pour que les usagers ne soient pas lésés", explique Catherine Baratti-Elbaz au Parisien. Le conseil syndical est donc appelé à voter le 21 juin prochain la résiliation du contrat Autolib.

Selon Catherine Baratti-Elbaz, la résiliation du contrat avec Bolloré est même une "formidable opportunité".

"Nous estimons par ailleurs que cette délégation de service public est obsolète dans sa forme, au regard des nouveaux usages".

La résiliation du contrat pourrait peser à court terme sur les usagers si l'arrêt du service est trop brutal.

"Cela dépendra en grande partie du groupe Bolloré, et nous en appelons à sa responsabilité pour prévoir une transition acceptable vers de nouveaux services", a-t-elle ajouté.

"Il ne s'agira pas de remplacer Autolib' par un seul acteur, mais par plusieurs qui proposeront des solutions complémentaires", précise le communiqué, citant en exemples "des trajets intramuros", des trajets vers et depuis la petite couronne, mais aussi des locations longue durée pour "partir en week-end".

Le Syndicat affirme être "d'ores et déjà en discussion avec de nombreux acteurs pour organiser très vite ces nouvelles solutions d'autopartage". Aucun abonné ne doit être lésé: c'est une exigence " a souligné Catherine Baratti-Elbaz, qui reste " optimiste " quant à l'avenir du service.

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