Vaccins : les Académies scientifiques dénoncent les propos du Pr Joyeux

Evrard Martin
Juin 30, 2018

Paris, le vendredi 29 juin 2018 - Mardi 26 juin, la chambre disciplinaire nationale du conseil de l'Ordre des médecins (indépendante de la direction de l'Ordre) a annulé la radiation du professeur Joyeux prononcée en juillet 2016 par le conseil de l'Ordre des médecins. Véritable fer de lance des militants anti-vaccins, ce professeur de 72 ans avait, via deux pétitions, critiqué l'abaissement de l'âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les jeunes filles ainsi qu'un vaccin protégeant contre six affections, contre trois avec l'actuel DTP. Le Conseil de l'Ordre n'aurait notamment pas su démontrer que les propos tenus par le professeur Joyeux contre la vaccination dépassaient la liberté d'expression. Ça veut dire quoi? "Au nom de la déontologie et de son engagement plein et entier en faveur de la vaccination, le Conseil national de l'Ordre des médecins (.) introduit un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État", écrit-il.

Le Conseil national de l'Ordre des médecins a annoncé jeudi qu'il allait se pourvoir en cassation. "Ça veut dire que j'ai raison", a déclaré le professeur Henri Joyeux suite à cette décision.

Cet élément signale bien la difficulté de l'affaire, difficulté liée à l'ambiguïté maitrisée des anti-vaccins. Selon elle, les propos du Pr Joyeux sur la vaccination "n'excédaient pas le principe de la liberté d'expression".

En 2014, sur le site Internet de l'Institut pour la protection de la santé naturelle, le professeur Joyeux, soutenu par beaucoup de ses confrères, avait incité le grand public à signer une pétition "demandant un moratoire " pour la mise en œuvre des recommandations du Haut Comité de santé publique tendant à imposer la vaccination des enfants. La seconde dénonçait la présence d'aluminium comme adjuvant dans le vaccin "hexavalent" en estimant que cela représentait un danger, ce qui n'est corroboré par aucune étude.

Pour le CNOM, ces pétitions portent des messages non scientifiques et ont eu pour effet de "créer un sentiment négatif sur l'utilité des vaccinations".

Michel Cymes a également dénoncé la tribune médiatique offerte à Henri Joyeux, faisant passer dans la presse ce controversé professeur pour une "victime de l'establishment médical et du lobby des labos". "Parce qu'être médecin, Monsieur Joyeux, c'est être responsable". "Parce qu'être médecin, c'est aussi être responsable".

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