Vers une meilleure prise en charge — Maladie de Lyme

Evrard Martin
Juin 22, 2018

Comme on pouvait s'y attendre, les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) sur la maladie de Lyme ont été présentées dans une ambiance tumultueuse, tant ce sujet suscite de polémiques. "Il reste encore des incertitudes qu'il faudra réduire grâce aux données de la recherche" reconnaît notamment la professeur Le Guludec. Cette augmentation soudaine " reflète probablement la médiatisation croissante de la maladie auprès du grand public et des professionnels de santé, permettant une meilleure reconnaissance de ce symptôme assez caractéristique [l'érythème migrant, ndlr] à la fois par les personnes atteintes et les médecins", expliquent François Bourdillon et Jean-Claude Desenclos, respectivement directeur général et directeur scientifique à Santé publique France.

Getty Images/iStockphoto Une rougeur cutanée autour de la morsure de la tique apparaît dans la majorité des cas de maladie de Lyme. L'infection se résorbe grâce à des antibiotiques, mais lorsque la maladie est détectée trop tardivement, le traitement se révèle souvent inefficace. Occasionnée par une bactérie transmise par les morsures de tiques, "la borréliose se manifeste dans 95% par l'apparition d'une zone rouge qui s'étend à partir du point de morsure". Il survient dans les trois à trente jours après la piqûre de tique.

Mais des formes plus complexes de la borréliose existent et ce sont elles qui posent le plus de problème de diagnostic et de traitement.

Il y a donc, à vos yeux, des formes persistantes?
L'agence appuie également les limites des tests de diagnostic jusqu'à présent recommandés et.

Dans le cas des formes disséminées, la HAS rappelle que les médecins peuvent s'appuyer sur la sérologie sanguine (ELISA et Western Blot). " Aujourd'hui, les données scientifiques ne sont pas suffisantes pour trancher ", estime le Dr Cédric Grouchka, membre du collège. Il est défini par une morsure de tique possible, avec ou sans érythème et une triade de symptômes qui persiste depuis plus de six mois regroupant des fortes douleurs (douleurs musculo-squelettiques et/ou neuropathiques et/ou des maux de tête), une fatigue persistante avec réduction des capacités physiques et des troubles cognitifs (troubles de l'attention et/ou de la concentration). Et ce de la manière suivante: "Dans 90% des SPPT, un diagnostic est possible". Lorsque le système immunitaire ne s'en débarrasse pas de lui-même, la maladie se déclare et peut prendre différentes formes.

Le risque est un "recours à des tests et des traitements inadaptés, non validés et potentiellement à risque d'effets secondaires". Vous l'aurez compris, par le biais de ce BEH, Santé publique France dresse un bilan de tous les défis à relever en matière de Borréliose de Lyme, qu'ils concernent les connaissances des Français ou encore les errances diagnostiques de patients qui en sont atteints.

Mais pourquoi ce texte ne constitue encore que des recommandations et non un Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS), attendu depuis le lancement du Plan national de lutte contre la maladie de Lyme en 2016?

Les premières réactions ont émané de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF).

Ces recommandations sont susceptibles d'évoluer.

En attendant, le docteur Grouchka se veut rassurant: "selon les régions française, 3 à 15% des tiques sont infectées par la Borrelia (en moyenne 10% sur le territoire). Finalement, vous n'aurez qu'1% de chance d'être infecté si vous êtes mordu par une tique".

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