Washington accuse le Canada de "trahison" après le fiasco du G7

Xavier Trudeau
Juin 11, 2018

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de "trahison" au cours du sommet du G7 qui s'est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump qui a menacé ses alliés de droits de douane alourdis.

Les dirigeants du G7, qui regroupe les sept principaux pays industrialisés, à savoir l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, se réunissent chaque année pour discuter de leur collaboration sur des questions telles que l'économie mondiale, le changement climatique, la sécurité et la paix.

"En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j'ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!" a tweeté Donald Trump depuis l'avion qui l'emmène du Canada vers Singapour. Le Premier ministre canadien avait réaffirmé à cette occasion que les taxes sur l'acier et l'aluminium étaient "insultantes", au regard de l'histoire entre les deux pays et avait confirmé des représailles pour juillet. Il s'agit de la première réunion du G7 après l'entrée en vigueur de taxes américaines sur l'acier et l'aluminium importés.

Il a qualifié Trudeau de "très malhonnête et faible" sur Twitter et a dépêché Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national et son conseiller commercial Peter Navarro pour marteler son message dans les émissions de télévision du dimanche matin.

Le président américain, la tête à sa rencontre mardi prochain à Singapour avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, est ainsi arrivé avec plus d'un quart d'heure de retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l'égalité entre les sexes. "Nos taxes sont une réponse à ses taxes laitières de 270%!", a-t-il tweeté depuis Air Force One. Le texte doit conclure deux jours de débats à La Malbaie, petite ville touristique surplombant le majestueux Saint-Laurent au Québec (est du Canada).

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Emmanuel Macron le sait et lance son fameux tweet: " personne n'est éternel ", en évoquant implicitement Donald Trump. "Le premier ministre n'a rien dit qu'il n'avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu'en conversations privées avec le président", a écrit samedi soir dans un courriel Cameron Ahmad, directeur adjoint des communications du premier ministre. "Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance", a noté la présidence selon une déclaration relayée par l'Agence France-Presse.

Justin Trudeau a répondu de façon laconique au sabordage du sommet: "Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7", a indiqué le cabinet du dirigeant canadien dans un communiqué.

"Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, Donald Trump a " détruit " une grande partie de la confiance entre les États-Unis et l'Europe".

Il est trop tôt pour dire si un communiqué commun des sept membres du G7 est possible car l'Iran et la lutte contre le dérèglement climatique - deux sujets de fortes dissensions avec le président américain - restaient à discuter.

Les Européens ont voulu afficher un front uni sur ce dossier en rejetant la proposition du président américain, appelant le Kremlin à cesser de " saper les systèmes démocratiques ".

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