Washington claque la porte du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

Claudine Rigal
Juin 20, 2018

Cela fait plus d'un an que les Etats-Unis menacent de quitter cette instance onusienne. L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, avait déjà publiquement mis en garde le Conseil l'année dernière, soulignant que si l'organe basé à Genève "persistait dans sa position anti-israélienne", les Etats-Unis se retireraient.

De son côté, M.Pompeo a déclaré que le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu ne défendait pas les droits de l'Homme, mais couvrait leur violation.

Leur décision attendue concernant le Conseil des droits de l'Homme survient au lendemain de vives critiques du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, contre la politique "inadmissible" et "cruelle" des autorités américaines de séparation d'enfants de leurs parents sans-papiers à la frontière mexicaine.

Mais Nikki Haley et Mike Pompeo ont assuré que la décision était liée à l'échec des tentatives de réforme du CDH.

Les États-Unis, dont le mandat au Conseil s'achevait en principe en 2019, avaient notamment réclamé que l'exclusion des États membres qui commettent de graves violations des droits de l'Homme soit votée à la majorité simple et non aux deux tiers. Washington dénonce depuis toujours le fait qu'Israël est le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l'ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an. Ils avaient aussi demandé un renforcement du processus de sélection des Etats membres.

Cette décision "va mettre le pays en marge des initiatives mondiales cruciales pour défendre les droits de l'Homme", a déploré l'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, jugeant dans un communiqué que le CDH avait "joué un rôle important dans des pays comme la Corée du Nord, la Syrie, la Birmanie et le Soudan du Sud". "Le secrétaire général (Antonio Guterres) est un fervent croyant dans l'architecture des droits de l'Homme à l'ONU et dans la participation active de tous les États membres dans cette architecture", a-t-il dit.

D'avance, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a vivement critiqué ce nouveau repli. Et de répéter les propos de Donald Trump selon qui le Conseil des droits de l'Homme est une "honte" pour les Nations unies.

Le départ des États-Unis du Conseil des droits de l'homme n'est pas une première.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2017, les États-Unis se sont retirés de l'UNESCO, ont coupé plusieurs financements à des organes de l'ONU, et ils ont annoncé notamment leur retrait de l'accord de Paris sur le climat et de l'accord nucléaire avec l'Iran endossé par les Nations unies. Lors de la création du CDH, en 2006, George W. Bush avait choisi de ne pas se porter candidat à un siège.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL