Affaire Benalla: cinq mises en examen, des faits "inacceptables" pour Macron

Pierre Vaugeois
Juillet 23, 2018

Plus tôt dans la soireé de dimanche, le parquet de Paris a annoncé la mise en examen pour "violences en réunion" d'Alexandre Benalla, collaborateur d'Emmanuel Macron, et des quatre autres protagonistes filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai. Les gardes à vue des cinq suspects, dont le collaborateur d'Emmanuel Macron, ont en effet été levées dans l'enquête sur les violences commises le 1er mai à Paris. Ils seront déférés au parquet dans la perspective de l'ouverture d'une information judiciaire, a précisé la même source.

Selon le chef de l'Etat, qui prendra la parole publiquement "quand il le jugera utile", "il n'y a pas eu et il n'y aura pas d'impunité", a rapporté son entourage proche, à l'issue d'une réunion qui rassemblait le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le porte-parole du gouvernement et le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Mais, alors qu'il se trouve en garde à vue depuis vendredi, celle-ci a été prolongée. L'Elysée a reconnu avoir eu connaissance très rapidement des agissements d'Alexandre Benalla mais n'avait pas saisi la justice.

En outre, la femme et l'homme frappés par Alexandre Benalla, lors des manifestations du 1er mai, ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs.

"Depuis jeudi, l'hémicycle était le théâtre d'un bras de fer autour de ce que le patron du groupe LR Christian Jacob a appelé l'" affaire Macron-Benalla ". Ce badge a été attribué sur "demande du directeur de cabinet" d'Emmanuel Macron, mais désactivé vendredi, selon la présidence de l'Assemblée.

L'opposition a maintenu une forte pression sur l'exécutif pour obtenir des explications sur le rôle d'Alexandre Benalla. Le domicile personnel d'Alexandre Benalla a été perquisitionné. Ce dossier qui, outre son volet judiciaire, fait l'objet d'une enquête administrative et d'une enquête parlementaire, plonge l'exécutif dans une tourmente politique sans précédent depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, qui a fait de l'exemplarité et la transparence les maîtres-mots de son mandat. Issy où son mariage devait être célébré ce samedi, selon une source à la mairie.

Alexandre Benalla est placé en garde à vue pour violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, usurpation de fonctions, port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique et complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection.

Le chef de l'État a réuni dimanche à l'Élysée Edouard Philippe, Benjamin Griveaux, Christophe Castaner et Gérard Collomb, après un premier déjeuner de travail samedi, avec le ministre de l'Intérieur déjà et la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

L'avocat du commissaire, Thibault de Montbrial, a réagi sur Twitter en affirmant que son client entendait notamment s'exprimer sur "la proximité [.] entre la plus haute hiérarchie policière et M. Benalla".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL