Au Congrès à Versailles, Emmanuel Macron répond aux critiques

Xavier Trudeau
Juillet 10, 2018

"La révision de 2008 permet en effet au chef de l'État de prendre la parole devant le Congrès, mais l'article 18 de la Constitution précise que " sa déclaration peut donner lieu (...) à un débat " mais uniquement " hors sa présence ".

La réforme des retraites, qui devra être votée l'an prochain, remplacera quant à elle progressivement la quarantaine de régimes actuels par un système "juste, unique, transparent". Cette nouvelle disposition, si elle voit le jour, réduira encore un peu plus la fonction de Premier Ministre et n'en fera qu'un super directeur de cabinet du Président de la République, seul face aux Français.

"Le chef de l'État a aussi voulu répondre " aux pires reproches " émanant de parlementaires - dont ceux notamment de La France insoumise qui boycottaient son discours - l'accusant de " dérive monarchique". Revenant longuement sur ce qui a été fait depuis un an, le chef de l'Etat a totalement assumé la politique économique mise en oeuvre depuis son élection, de la réforme de l'ISF à celle du Code du travail, sans oublier celle de la SNCF.

La "priorité" est selon Emmanuel Macron de construire "un État providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c'est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s'appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous". "Mais ce sont seulement les premiers fruits, je suis parfaitement conscient du décalage entre l'ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti", a-t-il expliqué, alors que les sondages montrent une nette érosion de sa popularité.

Emmanuel Macron a annoncé qu'il recevrait courant juillet les 100 premières entreprises françaises "pour solliciter leur engagement" en matière d'apprentissage et d'embauches, notamment dans les quartiers en difficulté. "Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il affirmé devant le Congrès, les parlementaires réagissant par des exclamations. Emmanuel Macron a également indiqué que "dès l'automne, un cadre et des règles" seront donnés à ce culte qui compte près de six millions de fidèles et quelque 2 500 lieux de culte dans l'Hexagone.

Cet Etat Providence nouvelle formule reste à inventer, car l'émancipation si chère au Chef de l'Etat ressemble furieusement à une société construite sur le modèle libéral dont les Français dans leur ensemble ne veulent pas, au nom de la solidarité, même si celle-ci tient parfois de l'assistanat. "Jamais la France n'acceptera les solutions de facilité que d'aucuns aujourd'hui proposent qui consisteraient à organiser des déportations à travers l'Europe pour aller mettre dans je ne sais quel camp à ses frontières ou en son sein ou ailleurs les étrangers" non admis en France, a-t-il souligné.

Migrants. "Jamais la France n'acceptera des déportations" de migrants "à travers l'Europe", a affirmé le président Emmanuel Macron. "La crise que nous traversons nous dit une chose: l'Europe des assis, l'Europe des assoupis est terminée", a-t-il asséné. "Un combat est en train de se livrer, qui définira le projet de l'Europe à venir: celui d'un repli nationaliste ou celui d'un progressisme contemporain", a ajouté le président de la République.

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