Ce qu'il faut savoir sur l'affaire Alexandre Benalla (vidéo) — France

Claudine Rigal
Juillet 22, 2018

Un scandale d'Etat. Depuis la publication d'une vidéo par le journal Le Monde, montrant le responsable de la sécurité d'Emmanuel Macron en train de frapper un manifestant le 1er mai dernier, les révélations s'enchaînent.

Ce dossier empoisonne depuis plusieurs jours l'exécutif, accusé par les oppositions d'avoir été informé très rapidement des agissements de M. Benalla et d'avoir cherché à les étouffer. La Présidence a engagé une procédure de licenciement.

Le bureau de la commission des Lois, dotée de pouvoirs d'enquête pour l'affaire Benalla, a échoué à se mettre d'accord vendredi soir sur un programme d'auditions, ont annoncé ses membres à la sortie d'une réunion houleuse. L'indignation ne s'est jamais aussi vivement exprimée dans la classe politique depuis l'élection de mai 2017, jusqu'à paralyser les débats à l'Assemblée sur la réforme constitutionnelle.

Agé de 26 ans, Alexandre Benalla est un collaborateur d'Emmanuel Macron. "Le ministre de l'Intérieur est déjà disqualifié". Il a menti et beaucoup! "Ou bien un homme d'ambition et d'opportunisme, qui mène sa barque entouré de sous-mousquetaires faits par lui, entre commando et start-up?"

"Une crise politique est ouverte".

Le 19 juillet, Jean-Luc Mélenchon a appelé "tous les parlementaires" à déposer une motion de censure contre le gouvernement.

Des utilisateurs de Twitter se sont emparés de la situation autour d'Alexandre Benalla, notamment de l'absence de réaction de la part du Président de la République, ainsi que du Premier ministre et du ministre français de l'Intérieur. Il dénonce "de sombres coulisses derrière le décor de théâtre de la Macronie".

M. Benalla n'est pas licencié pour les violences du 1er mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant: il "aurait été destinataire d'un document de la préfecture de police qu'il n'était pas autorisé à détenir", explique l'Elysée. Elle dénonce, dans une vidéo, une "affaire d'État". "Le parquet de Paris ainsi que l'Inspection générale de la Police Nationale ont été saisis afin de faire la lumière sur ces faits", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le Parti socialiste est tout aussi sévère. "Ce n'est pas une question de hiérarchie", ajoute l'entourage du président de la République. "Je trouve cette affaire dramatique".

Alexandre Benalla assurait la sécurité du chef de l'État.

Benoît Hamon (Générations) a demandé la démission de Gérard Collomb. Suspendu pendant deux semaines après avoir frappé un manifestant le 1er mai, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron aurait également vu "ses prérogatives réduites", selon la présidence de la République. C'est de ça dont il s'agit.

Sortir de la crise, et si possible sans trop de casse, ni trop de bruit. "Chaque Français a le droit de pouvoir manifester sans risquer d'être atteint par les violences de quelqu'un qui fait semblant d'être policier et qui s'abrite au sein du pouvoir", a-t-il taclé.

Au coeur de la tourmente, Emmanuel Macron est resté stoïque et silencieux.

L'Élysée n'a donné aucune indication sur une éventuelle prise de parole du président qui devait passer le week-end à travailler à Paris ou à La Lanterne, résidence d'État à Versailles, en région parisienne.

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