Critiqué pour ses déclarations devant Poutine, Trump dit qu'il s'est mal exprimé

Claudine Rigal
Juillet 18, 2018

Donald Trump a avancé son hypothèse.

Précisément, il a expliqué avoir dit lundi à Helsinki: "Je ne vois aucune raison pour laquelle cela serait la Russie (qui se serait ingérée dans l'élection)", alors qu'il souhaitait en fait dire: "Je ne vois aucune raison pour laquelle cela NE serait PAS la Russie". "Malheureusement, les médias n'en font pas état - les médias "Fake News" sont déchaînés", a tweeté M. Trump, qui devait s'exprimer mardi à 14 h locales. D'autant que l'issue du sommet était scrutée à la loupe, tant planait sur le milliardaire républicain le soupçon de vouloir se réconcilier à tout prix avec le président russe, pour concrétiser une promesse électorale qui butait jusque-là sur l'enquête Mueller et sur les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin.

Mais, semblant imperméable à ce déluge de critiques et fidèle à lui-même, le président s'est accordé un auto-satisfecit sur son compte Twitter.

Cela n'a pas dissipé l'impression d'isolement entourant M. Trump, confortée par un précédent tweet dans lequel il avait remercié le sénateur Rand Paul, l'un des seuls républicains à avoir ouvertement défendu sa prestation au sommet d'Helsinki. Il faisait notamment écho à de récentes déclarations de Donald Trump qui a critiqué l'Allemagne et le Royaume-Uni, et qui a présenté l'Union européenne comme un compétiteur sur le plan commercial.

L'excuse invoquée mardi par Donald Trump pour expliquer ses commentaires tenus à Helsinki au sujet de l'ingérence russe lors de l'élection présidentielle de 2016 "ne fait aucun sens", selon l'expert en politique américaine Rafaël Jacob.

Trump se dit prêt à revoir Poutine et attaque les journalistes
Affaire Trump Russie: les mises en accusation AFP- Gal ROMA

Mais il reste encore plusieurs inconditionnels du président sur la chaîne, comme Sean Hannity, qui préfère que Trump critique Hillary Clinton et le FBI plutôt que la Russie, et Tucker Carlson qui a déclaré que le Mexique était plus intervenu dans les élections que la Russie car de nombreux électeurs d'origine mexicaine votent aux Etats-Unis.

M. Trump "doit immédiatement renverser la vapeur", a de son côté estimé Anthony Scaramucci, un éphémère ancien directeur de la communication de la Maison-Blanche, sur les ondes de CNN.

Le sénateur républicain John McCain a estimé que le pays venait de vivre l'"un des pires moments de l'histoire de la présidence américaine".

Paul Ryan s'est adressé aux journalistes mardi à Washington.

Donald Trump face à Vladimir Poutine lors d'un déjeuner de travail à Helsinki, le 16 juillet 2018. Je voulais dire: "Je ne vois pas de raison pour que la Russie ne l'a pas fait" (interférer dans l'élection, NDLR). "Aucun doute n'est permis", a-t-il enchaîné.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL