Démission du ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson — Brexit

Claudine Rigal
Juillet 10, 2018

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a démissionné lundi, au lendemain du départ du ministre chargé du Brexit David Davis, ont annoncé les services de la Première ministre Theresa May. En cause: des désaccords sur le Brexit.

Quels sont les ministres démissionnaires?

David Davis, était le "Monsieur Brexit" du gouvernement depuis le référendum de juin 2016. Il s'agit d'un nouveau revers pour Theresa May qui semblait avoir pris le dessus pour négocier la future sortie de Londres de l'UE.

Mardi, la presse britannique revenait sur la journée "chaotique" de lundi. En revanche, Boris Johnson, 54 ans, l'un des leaders de la campagne pour sortir de l'UE, ne s'est jamais privé de miner le terrain de la Première ministre, critiquant ouvertement ses choix sans être sanctionné. Partisan acharné de la séparation avec l'Union européenne, il s'est expliqué dans une lettre: "Le rêve du Brexit se meurt".

Le sous-secrétaire d'Etat Steve Baker, qui travaillait avec Davis, a lui aussi démissionné. Il déplore que ce "Brexit doux" ne permette pas de respecter la volonté de rupture avec Bruxelles que les Britanniques ont exprimée à travers leur vote et qu'il encourage l'UE à faire "de nouvelles demandes en vue de concessions" de la part du Royaume-Uni.

L'information du départ de Boris Johnson a été confirmée par le porte-parole du 10 Downing Street, soulignant dans une brève déclaration que la Première ministre a accepté la démission du chef de la diplomatie. Johnson désormais en embuscade Ses soutiens estiment qu'elle remporterait un tel vote, personne ne semblant actuellement capable de rassembler les Tories autour d'une position commune. Si elle perdait, Boris Johnson est sur les rangs. C'est donc Dominic Raab, 44 ans, qui aura la lourde tâche de ferrailler avec les dirigeants européens, qui s'impatientent de plus en plus de voir les négociations patiner à moins de neuf mois du Brexit. Dans les jours à venir, Theresa May va donc non seulement devoir nommer des remplaçants, mais aussi convaincre ces nouveaux venus d'adhérer à son plan.

Selon elle, Bruxelles a accordé "un accueil positif" à ces propositions. Ils plaidaient en effet pour un Brexit dur alors que le plan présenté vendredi par la Première ministre faisait plutôt la part belle à un maintien au maximum des relations commerciales avec l'UE, un scénario privilégié par les entreprises et le secteur financier britanniques.

Sur les marchés financiers, la livre sterling a chuté à l'annonce de la démission de Boris Johnson, effaçant ses gains initiaux face à l'euro et au dollar.

Et "malgré le brouhaha, l'arithmétique au Parlement n'a pas changé".

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