David Davis, le ministre du Brexit, démissionne — Royaume-Uni

Claudine Rigal
Juillet 9, 2018

David Davis a estimé que l'accord négocié entre le Royaume-Uni et l'UE sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit ne permettrait pas de respecter le vote des Britanniques.

Selon le site de la BBC, Mme May lui a répondu qu'elle était "désolée" de le voir partir et l'a remercié "chaleureusement" d'avoir "donné forme à notre sortie de l'UE".

David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, a annoncé sa démission dimanche peu avant minuit, entraînant une grave crise gouvernementale et ruinant les efforts de Theresa May pour rallier l'aile dure des conservateurs à son plan post-Brexit, qui maintient des relations étroites avec l'Union européenne (UE).

David Davis a justifié sa démission dans un courrier adressé à Theresa May où il déclare que " l'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent ". Cette démission a été suivie de celle du secrétaire d'État au Brexit Steve Baker, selon les médias britanniques.

Dans une lettre adressée à David Davis, la Première ministre a salué sa contribution "à certaines des législations les plus importantes pour des générations". Il a été secrétaire d'État aux Affaires européennes de 1994 à 1997.

"Le député conservateur Peter Bone juge aussi qu'il " avait fait la bonne chose", estimant que les propositions de Mme May n'avaient de Brexit " que le nom " et n'étaient " pas acceptables ".

Nous devons nous assurer qu'il y ait maintenant un véritablement changement pour le #Brexit.

Mme May doit présenter aujourd'hui aux députés britanniques et au parti conservateur le fameux plan post-Brexit, qui prévoit notamment de mettre en place une zone de libre-échange et un nouveau modèle douanier avec l'UE.

Mme May doit leur dire que son projet est " le bon Brexit", " le Brexit qui est dans l'intérêt national ". La BBC croit savoir qu'il s'agira du ministre de l'environnement Michael Gove, un eurosceptique qui soutient néanmoins la Première ministre.

Le quotidien précise que Jacob Rees-Mogg, député conservateur et farouchement eurosceptique, a d'ores et déjà annoncé qu'il voterait contre le plan: "Si les propositions sont telles qu'elles apparaissent, je voterai contre, et d'autres pourraient faire de même".

Le monde économique a également fermement rejeté le plan, pour des raisons opposées.

Dans une lettre ouverte, le fondateur de la marque de boissons Innocent, Richard Reed, rejoint par une centaine d'entrepreneurs et dirigeants d'entreprise, dont ceux de Pret, Domino's ou Yo!Sushi (agro-alimentaire), Zoopla (immobilier) ou Net-a-porter (distribution de vêtements), ont dénoncé la proposition.

Le groupe Philips, qui emploie 1500 personnes au Royaume-Uni, envisage de fermer son usine de Glemsford, dans le sud-est de l'Angleterre.

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