De grosses coupes et la disparition de France Ô — Audiovisuel public

Pierre Vaugeois
Juillet 19, 2018

Cet après-midi, dans un communiqué envoyé par Matignon, le gouvernement a officialisé sa feuille de route concernant la transformation de l'audiovisuel public.

Le gouvernement a annoncé jeudi vouloir supprimer France Ô de la TNT, la chaîne de France Télévisions consacrée à l'Outremer, d'ici 2020, et chiffré les économies imposées à l'audiovisuel public à 190 millions d'euros d'ici 2022.

Et pour 2019, les économies à réaliser seront de 35 millions, dont 25 à la charge de France Télévisions, a précisé le ministère de la Culture.

S'appuyant sur les conclusions de la mission de concertation menée par le ministère de la Culture, le gouvernement annonce la suppression de France Ô.

"L'organisation actuelle du service public audiovisuel ne permet pas de donner la visibilité nécessaire aux territoires ultramarins et à leurs habitants".

La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte a rencontré jeudi les équipes de la chaîne, qui emploie environ 50 personnes et dispose d'un budget de 30 millions d'euros. Le rapprochement entre France 3 et France Bleu passera par "des coopérations beaucoup plus étroites", notamment une matinale commune testée dès la rentrée dans plusieurs régions.

Le groupe devra économiser 160 millions d'euros (par rapport au budget 2018), Radio France 20 millions et les autres entreprises concernées (Arte, Ina, TV5 Monde et France Médias Monde) 10 millions, dans le cadre du vaste plan de réduction des dépenses publiques à horizon 2022. Par ailleurs, il est demandé à France Télévisions et Arte de maintenir leurs investissements dans la création (560 millions d'euros). En juin dernier, la ministre de la Culture François Nyssen avait affirmé, lors de la présentation de sa réforme de l'audiovisuel public, qu'il fallait "interroger nos concitoyens d'outre mer et leurs élus pour déterminer si l'avenir est au maintien de France Ô sur le canal hertzien". Même si celles-ci ne sont pas encore actées, elles devraient se situer autour d'une cinquantaine de millions d'euros. À noter enfin que la question d'une gouvernance commune de l'audiovisuel public n'est pas abordée par le gouvernement.

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