Des millions de litres de rosé espagnol vendus pour du vin français

Xavier Trudeau
Juillet 9, 2018

Alexandre Chevallier, le directeur de cabinet adjoint de la DGCCRF explique au quotidien que "ces cas de francisation concernent plus de 70.000 hectolitres de vin". Cela représente l'équivalent de 10 millions de bouteilles de rosé.

Au total, pas moins de 179 établissements ont été contrôlés en 2016 et 564 en 2017, spécifiquement sur le sujet des vins étrangers: "22% des établissements visités en 2016 et 15% des établissements visités en 2017 faisaient l'objet de non-conformités allant de la présentation confusionnelle à la francisation, ce dernier cas étant un délit qui fait l'objet de suites pénales", précise la DGCCRF.

Selon les établissements, les quantités de vin présentées frauduleusement vont de 2.000 à 34.500 hectolitres. Seulement voilà, derrière le comptoir, il est fort possible que le gérant ait rempli votre verre d'un vin espagnol.

Sur les bouteilles, la présence de drapeaux français, de châteaux évoquant le terroir hexagonal, ou encore de la mention "mise en bouteille en France", ne garantissent en rien, en effet, que le vin soit français.

La raison de cette fraude? Dans près d'un établissement contrôlé sur cinq, le rosé présenté comme français était en réalité espagnol.et beaucoup moins cher, puisqu'en 2016 le rosé en vrac espagnol se vendait à 0,34 euros/litre pour 0,75 à 0,90 euros/litre pour le rosé français, selon le quotidien.

La situation s'est toutefois rétablie à la récolte 2017, très petite dans toute l'Union européenne, note M. Despey, pour qui ces contrôles vont "dans le bon sens": "Il faut continuer à avoir une pression des contrôles pour que des choses pareilles ne puissent plus se reproduire", a-t-il demandé, appelant également le gouvernement à mettre en place "un étiquetage plus clair sur l'origine des produits".

"Nous avons constaté des fraudes chez quatre négociants-producteurs". Problème: ces vins sont souvent vendus comme un "Vin de France".

Les peines encourues pour pratique commerciale trompeuse sont de deux ans de prison et 300.000 euros d'amende, montant pouvant être porté à 10% du chiffre d'affaires moyen annuel, rappelle la répression des fraudes.

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