Devant le Congrès, Macron propose un nouveau " contrat social "

Xavier Trudeau
Juillet 10, 2018

Ces réformes, et notamment la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), ont fait l'objet de nombreuses critiques depuis un an, notamment de la part de la gauche, qui les considère trop favorables aux contribuables aisés. "Je souhaite que le Parlement soit plus représentatif des Français et animé par des débats plus efficaces", a déclaré Emmanuel Macron, certain que "le Parlement ainsi rénové aura la possibilité d'engager avec l'État un dialogue plus constructif ". C'est une politique pour toute la nation, une politique pour l'emploi, une politique pour les services publics, pour ceux qui sont à la marge.

Fin des pensions de réversion, une "rumeur". "Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il affirmé, promettant de "refonder un système de retraite, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants".

Le plan de lutte contre la pauvreté, qui sera finalement présenté en septembre, ne créera pas de nouvelles aides mais "un accompagnement réel", a-t-il précisé.

Au sujet de la religion, le président a tenu à souligner la place de l'islam dans la République: "La République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam".

Usant de formules destinées à frapper les esprits, Emmanuel Macron a ainsi jeté les bases de la deuxième année de son quinquennat: le même cap, mais une légère inflexion de la méthode.

Des "assises territoriales", en vue d'améliorer la représentation institutionnelle du culte musulman, le financement des mosquées et la formation des imams et aumôniers, doivent être organisées d'ici au 15 septembre.

Migrants. "Jamais la France n'acceptera des déportations" de migrants "à travers l'Europe", a affirmé le président Emmanuel Macron.

"C'est pourquoi nous allons transformer notre système de solidarité pour le rendre tout à la fois plus universel et plus responsabilisant", a précisé le chef de l'Etat, une "philosophie qui sera mise en oeuvre dans la réforme de l'assurance chômage comme dans celle des minima sociaux".

Face au terrorisme, "le travail doit se poursuivre sans fébrilité et sans relâche". C'est celui d'une génération", a déclaré le président de la République, indiquant que "de "nouvelles décisions seront prises".

Le chef de l'Etat s'est ensuite félicité de l'adoption à l'automne 2017 de la loi controversée sur la sécurité intérieure et le terrorisme (Silt) qui "a permis de sortir de l'état d'urgence et d'instituer les instruments indispensables pour lutter contre le terrorisme contemporain".

Depuis janvier 2015, les attentats jihadistes ont fait 246 morts en France. "La frontière véritable qui traverse l'Europe est celle aujourd'hui qui sépare les progressistes des nationalistes", a assuré Emmanuel Macron. Un affrontement qu'il prédit "au cœur" des élections européennes de 2019. Et comme au cœur de toute menace, naît une grande opportunité.

Poursuivant la salve de réformes économiques et sociales engagée depuis son élection, il a proposé aux partenaires sociaux de réviser les règles de l'assurance chômage "afin que (.) nous puissions non seulement nous assurer qu'elles récompensent bien davantage la reprise d'activité mais aussi qu'elles incitent à la création d'emploi de qualité".

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