Erdogan prête serment et voit ses pouvoirs considérablement renforcés — Turquie

Pierre Vaugeois
Juillet 11, 2018

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a reçu lundi au palais présidentiel à Ankara, M. Habib El Malki, président de la Chambre des représentants qui a représenté le Roi Mohammed VI à la cérémonie d'investiture du président turc, lequel a exprimé sa fierté des relations de coopération unissant son pays et le Maroc et sa détermination à les raffermir davantage.

Le Président Erdogan a prêté serment au Parlement, avant de se rendre au mausolée du fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Ataturk. Un constat souligné maintes fois par l'opposition locale et auquel Erdogan répond que cette réforme permettra à la Turquie de mieux relever les défis auxquels elle fait face et de s'affirmer comme une grande puissance économique.

Grâce à un référendum qu'il a remporté en 2017, le "sultan" détient désormais tous les pouvoirs exécutifs -le poste de Premier ministre a été supprimé- et peut promulguer des décrets.

Erdoğan compte aussi travailler avec une équipe resserrée: le futur gouvernement turc se voit amputer de dix ministères et c'est lui qui aura la charge de nommer près de la moitié des membres du Conseil des juges et procureurs.

Ainsi, dans la nouvelle législature, l'AKP qui ne dispose pas seul de la majorité devra compter sur le soutien du MHP pour peser au parlement.

L'actuel chef d'état-major des armées, Hulusi Akar, hérite de ce fauteuil. Son gendre Berat Albayrak a d'ailleurs été nommé à la tête des Finances. Le chef de la diplomatie sortant Mevlut Cavusoglu a été reconduit.

Dans la soirée, il a dévoilé un nouveau cabinet de seize ministres (contre 26 actuellement), dont le plus en vue est son gendre Berat Albayrak, qui s'est vu confier le portefeuille clé des Finances. "En d'autres mots, la Turquie sera une autocratie institutionnalisée", estime Marc Pierini chercheur à l'institut Carnegie Europe.

Les marchés, qui redoutent des pressions de M. Erdogan sur la Banque centrale, semblent avoir mal accueilli la nomination de M. Albayrak aux Finances.

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