Etats-Unis: le premier procès du Round Up démarre à San Francisco

Xavier Trudeau
Juillet 12, 2018

Début du premier procès du genre à San Francisco ce lundi. Selon l'un des avocats de Dewayne Johnson, plus de 2000 utilisateurs de Roundup poursuivent la multinationale. Cet ancien jardinier estime que son cancer est lié à l'usage de l'herbicide Roundup, le nom commercial donné par Monsanto au glyphosate, une substance très controversée qui fait l'objet d'études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène.

Si des centaines voire des milliers de procédures sont en cours aux États-Unis contre Monsanto, la plainte de Dewayne Johnson est la première concernant le Round Up, l'un des herbicides les plus utilisés au monde, et ses possibles effets cancérigènes.

Atteint d'un cancer après avoir manipulé le pesticide de Monsanto, Dewayne Johnson poursuit la firme, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts.

La cour supérieure de l'Etat de Californie a été saisie par DeWayne Johnson, un jardinier en phase terminale d'un cancer.

Créé en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri (centre), Monsanto, qui vient d'être racheté par le groupe pharmaceutique et agrochimique allemand Bayer pour plus de 60 milliards de dollars, a d'abord produit de la saccharine, un puissant édulcorant, puis s'est lancé dans l'agrochimie à partir des années 1940.

Le procès s'est officiellement ouvert à la mi-juin avec la désignation d'un juge, mais les débats de fond ne commencent que lundi, après une série d'audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco.

Pour l'avocat de M. Johnson, le lymphome non-hodgkinien incurable de son client n'est pas à mettre sur le compte de la malchance ni d'un problème génétique: "c'est à cause de son exposition continue au Round Up" qu'il a vaporisé sur les terrains scolaires de la ville de Benicia (en Californie) entre 2012 et 2014.

"Monsanto a utilisé tous les moyens à sa disposition pour effrayer les scientifiques et s'opposer aux chercheurs", a accusé Me Wisner en affirmant que Monsanto avait tout fait pour dissimuler le lien entre son produit et les risques de cancer. "(.) Cela n'a pas causé son cancer", affirme Sandra Edwards, du cabinet Farrella, Braun and Martel, l'une des avocates de Monsanto.

Le dossier est d'autant plus complexe qu'il existe nombre d'études et de décisions contradictoires sur le glyphosate.

L'agence américaine de protection de l'environnement a conclu en septembre dernier, après des dizaines d'années d'études, que le glyphosate n'était probablement pas cancérigène pour les humains. Et dans cet Etat, tout fabricant ayant connaissance du caractère cancérigène certain ou suspecté d'un produit doit obligatoirement le faire figurer sur l'emballage. Après la décision de l'Union européenne en novembre de renouveler la licence de l'herbicide pour cinq ans, le gouvernement français s'est engagé à proscrire l'utilisation de cette substance d'ici trois ans.

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